Celui qui aime décide de donner moins de poids aux apparences qu’à la parole de l’autre, il décide que désormais ses yeux, son regard, ses paroles, ses gestes quotidiens, même les plus ordinaires, seront pour l’autre, pour le bonheur de l'autre, pour qu’il s’épanouisse.
Celui qui aime part à la découverte des richesses de l’autre et de ses pauvretés il aime ces richesses et tout autant ces pauvretés.
Celui qui aime accepte à certains jour d’être pauvre devant l’autre, il accepte de se dire non pour lui dire oui, et de mourir pour qu’il vive et de tout donner pour lui, il se reçoit de l’autre et grandit par lui.
Celui qui aime parle de tout et de rien, de l’essentiel et du reste, et même de la pluie et du soleil, il sait que toute parole adressée à l’autre le fait exister, peut le construire ou le détruire. Quand je parle à quelqu'un, je lui dis qu'il existe. Quand je parle à ma femme ou à mon mari je lui dis 'tu es là, tu existes, tu es toi, je te parle, je t'aime, j'ai besoin de toi', ou d'autres choses moins agréables ! Toute relation humaine se construit par le langage. Pas seulement la parole, le langage (les gestes, les signes, les regards et les mots)
Celui qui aime ose des paroles personnelles, il ose le conflit, et sait dire 'je ne suis pas d’accord', il sait dire 'je t’aime' çà va tellement mieux en le disant, Celui qui aime sait dire 'tu m’agaces' et 'tu me rends heureux'. Celui qui aime sait dire 'je te pardonne' et 'je te demande pardon'.
Celui qui aime apprend jour après jour le langage de l’amour. Les mots sont les mêmes que ceux de tous les jours mais l’usage qu’on en fait est différent. Un même mot peut vouloir dire deux choses opposées. Dans le langage de l’amour on ne se contente pas d’entendre ce que dit l’autre on cherche à mettre le même sens sur les mêmes mots ou à comprendre au delà du sens que peut avoir un mot dans notre bouche. Dans ce langage de l’amour, il y a les mots mais il y a aussi les gestes, les regards, les silences, les larmes, les tendresses de l’amour, les sentiments, les incompréhensions, les désaccords.
A celui qui aime !
Michel