Pensées




Dimanche 6 juin 2004

Tout est prêt...

Il est 22h 10. Je viens d'arroser mes fleurs. Elles avaient soif. J'ai bouclé ma valise, je suis prêt. Prêt pour la semaine qui commence, commencée depuis ce matin. Prêt pour le train, le métro, Paris, dernière vraie semaine d'une année différente, d'une année qui touche à sa fin, qui ouvre sur l'inconnu et sur un avenir certain autant qu'incertain. Hihihi !

Chaque dimanche soir, le petit rituel accompli, je pars me promener un peu en ville, le temps de regarder cette ville que je laisse, le temps des visages qui ont fait mon week end. Le temps que tout s'apaise en moi. Et là, en marchant je lève les yeux vers le ciel. il est souvent noir et lumineux. Ce soir ce sera beau, les premières étoiles, jupiter, ce mois-ci et la nuit qui tombe doucement sur la ville, sur ma vie aussi. Et là en marchant, paisible, il me semble que je dépose tout.

Chaque semaine, depuis septembre, et pour trois semaines encore... et puis je m'en reviendrai ici. Une vie nouvelle m'attend, tranformée déjà par cette grande et belle année, ces belles semaines et ces trop beaux week ends... Comme celui-ci, riche, beau, si riche et si beau, si rapide et si fou, mais si grand. Vous savez un de ceux qui laissent en vous comme une trâce indélébile.

Merci à ceux et celles qui ont fait cette belle fin de semaine et à ceux et celles qui font mes belles semaines à Paris. C'est facile à dire, ce merci, la plupart ne connaissent même pas l'existence de ce blogue !!!

C'est bien les petits rituels, ça aide à être prêt !!!

Michel



Jeudi 3 juin 2004

Mémoire !

Tu as déjà oublié ? Pourtant tu avais bien appris ton solfège, ta leçon, tu avais lu, relu chaque soir depuis des mois, des lustres, tu savais tout par coeur... et tu as oublié.

Tristesse qu'une vie sans mémoire, que ces idées qui passent, fugaces, effleurement d'un instant où tout est temps-présent et tout dans le présent, le cadeau, instant-donné, intant-tané !!! Temps-ple de l'immédiateté ! Insaisissable. Comme s'il fallait alors, dans l'instant, tout redire et le présent et le passé, et l'impossible et le vécu et l'avenir. Et s'il fallait que tout tienne là-ici-maintenant, dans mes mains, dans tes mains, ouvertes, qui laisseraient tout aussitôt s'enfuir, s'éparpiller, s'envoler dans le vent, comme si déjà c'était comme dans le temps...

Moi j'ai de la mémoire, je m'en suis fait un devoir, un devoir de mémoire, et ça marche. Oui ça marche ! Je vous explique ! Vous prenez un visage, prenez un de ceux que vous préférez. Non ! Prenez celui que vous préférez et laissez-le vous envahir... Devenir instants, minutes, secondes, heures... des heures durant, ne laissez de place que pour lui et laissez le vivre en vous, emportez le partout où vous allez et regardez le, écoutez-le sans qu'il s'en aperçoive, parce que c'est ansi que c'est mieux, quand l'autre ne sait pas, ne se doute pas, ne se doute de rien, pas même un instant...

Et vous le laissez vivre, sans imaginer, simplement en le regardant, en lui laissant toute la place, toute la vie. Vous laissez revenir les images les plus belles, les plus douces, les instants les plus délicats, les équilibres les plus instables, les mots, les sourires, les regards, les complicités, les jours de pluie... Laissez revenir à la mémoire et gravez, gravez aussitôt, touche : 'graveur du coeur' !

C'est fait, l'autre est inscrit pour toujours, au plus profond, pour l'éternité... Et jamais, non jamais vous n'oublierez ce que vous avez pu vivre, cette histoire, longue, commencée un jour, il y a déjà si long-temps, des années... Vous n'oublierez jamais, c'est un devoir de mémoire.

Essayez, vous verrez, c'est facile et c'est si bon, si beau ! 

Alors le temps n'est plus seulement instant, l'instant devient éternité et l'éternité, toujours, tous les jours... et l'instant devient éternel et le visage ne vous quitte plus jamais, plus un instant de votre vie, en vous pour l'éternité...

C'est un devoir de mémoire et ces devoirs-là sont agréables à faire !

Michel



Mercredi 2 juin 2004

Toujours neuf !

Tout commence avec un n'oeuf ! Enfin c'est ce qu'on dit, c'est ce qu'on m'a dit, un oeuf tout neuf, avant la poule, à moins que la poule ne soit avant l'oeuf ! Et tout est là le neuf de l'oeuf et l'oeuf nouveau.

Tout commence et tout s'achève mais peut-être que non, peut-être que tout est commencement perpétuel et que la vie alors est sans cesse renouvellement et nouveauté au coeur même de ce qui semble être habituel et lassitude, monotonie... Du moins pouvons nous le penser, le croire et l'espérer, qu'il y a en tout, en toute vie, des commencements, un commencement, chaque matin...

Quand je me lève alors, je vois d'un oeil neuf le jour qui se lève car il commence. Il n'est ni hier, ni demain, il est nouveau jour, jamais vécu, jamais arrivé, jamais passé, unique. Ainsi en va-t-il de nous, de chacun chaque jour, nous voici neufs, comme jamais nous n'avons été, comme jamais plus nous ne serons, neufs, et nouveaux aux yeux des autres, à nos propres yeux.

C'est dire que chaque jour nous offre la chance unique de tout écrire, de tout oser, de tout espérer, de tout changer, de recommencer. Une page blanche à écrire chaque matin et la journée prend une autre tournure...

Et rien n'est écris d'avance même si les horaires de l'école ou du travail nous hantent, même si les copains ou les collègues auront aujourd'hui le même visage qu'hier (mais est-ce bien sûr ? Regardez-y de près !) Même si je devrai aller chercher les enfants à l'école, rentrer les poubelles, faire les courses, allumer la télé, éteindre l'ordinateur, taper mon compte rendu, téléphoner à tante Adèle que j'appelle chaque jeudi soir depuis dix ans, et dire 'je t'aime', même si ...

Il n'en demeure pas moins que tout est neuf et que je peux, si je le chosis, le regarder d'un oeil nouveau, à nouveaux frais, comme si je vivais chaque instant pour la première fois, parce qu'en fait c'est la première fois, la vraie première fois que je vis chaque instant. Alors la nouveauté peut me surprendre et m'émerveiller chaque jour, à chaque instant, chaque matin...

Bon n'oeuf, bonne nouvelle à tous et à toutes !!!

Michel



Mercredi 2 juin 2004

Une absence trop longue !

Depuis un an je fais défaut à ce blog, pourtant je l'avais lancé, mis en route, en oeuvre et l'ouvrage en est resté là, en plan, en projet, un peu, juste un peu commencé de construire mais inachevé...

Depuis l'eau a passé et repassé sous les ponts, d'ailleurs l'eau passe et repasse aussi ailleurs et pas uniquement sous les ponts... Ca se saurait si elle ne passait que là...

Et voici que mon blogue, délaissé, s'est mis à pleurer, de chaudes larmes, de grandes eaux, un déluge d'attente et de silence, de regret et de 'peut-être-un-jour'. Eh bien ce jour est arrivé. Pris moi-même sous une averse d'évènements nouveaux depuis une année, me voici aujourd'hui en l'état, d'âme et de coeur, pour reprendre ces rédactions quasi quotidiennes qui m'apportent tant et temps ! hihihi !

Eh bien voilà donc le retour ! Le grand ou le petit, allez savoir...

Je vais donc essayer de vous faire partager plusieurs de mes compositions de l'année... Allons-y je me relance, comme la vie est commencement et re-commencements, sans fin, ainsi ce blogue !!!

Et merci à ceux et celles qui continuent d'y revenir d'y repasser de temps en temps pour voir si par hazard il y aurait du neuf... Tout est neuf, tout est nouveauté... J'y reviens dans un instant...

Michel



Vendredi 20 juin 2003

J'étais dans le train !

Mercredi je revenais de Limoges (pas de Nantes !) et le voyage durait et durait, me semblait interminable. Six heures longues comme jamais de ma vie. La fatigue sans doute de ces trois jours de travail intensif, la fatigue de ces derniers temps qui sera là encore longtemps, les soucis, le climat orageux ... Et la fatigue quoi, sans doute ! Enfin !

Et me voici m'ennuyant dans ce train, coincé contre la fenêtre. Et des gens qui passent et des gens qui se garent et des gens qui s'asseoient dans ce train sans un regard, sans une pensée. Je voyais au dehors les arbres balottés par le vent, silencieux et muets et au dedans les gens silencieux et muets ballotés par le train !

Et j'étais là, tentant vainement de croiser un regard, un de ces regards banalement tournés vers le sol ou l'horizon, drôle d'horizon dans une voiture de la SNCF !!!

Tout à coup l'espoir ! Une personne, un homme, venait s'installer à côté de moi, je pouvais espérer, un instant, une conversation pour l'heure et demie restante ! Eh bien non ! Au bout de quelques instants je le vis sortir de sa poche une petite boite d'où il tira deux boules de pâte jaunâtre qu'il s'enfonçait dans les oreilles ! Et le voici qui s'endormit ! Et ce monsieur s'étallait de tout son long sur son siège et occupait soudain l'accoudoir, même de mon côté, et j'étais là coincé contre la fenêtre dans ce train au trajet interminable, comme jamais dans ma vie !

Alors un espoir, une lueur de vie me traversa l'esprit, et je me mis à penser à tous les visages de ceux que j'aime et je les vis monter avec moi dans ce train et j'imaginais leurs rires en me voyant ainsi et le trajet me sembla soudain bien plus court.

S'il faut une morale à cette histoire c'est que les gens sont bien enfermés sur eux-mêmes, quand même, quoi qu'on dise ! Et c'est aussi que la prochaine fois j'emporte des photos de ceux que j'aime, ils me tiendront compagnie dans le train !!!

Michel



Vendredi 20 juin 2003

Eh bien oui, je reviens !

Bon, les activités m'ont demandé beaucoup de temps et d'énergie ces dernières semaines mais c'est bientôt fini et je vais pouvoir m'occuper de nouveau de ce blogue jusqu'en août.

Dès ce soir je m'y mets.

Promis

Michel



Dimanche 1 juin 2003

Juste pour dire merci !

Je voudrais juste te dire merci. A toi, à vous, permettez que je vous tutoie !

Te remercier pour tous ces jours passés ensemble, ces mots de toi tant partagés et tant donnés, ces beaux respects, ces beaux regards...

Te dire merci pour ta bonté et ta beauté, celle de ta vie, celle de ton coeur...

Te remercier d'avoir croisé ma route un jour, il y a longtemps, il y a si peu de temps, croisé et marqué une vie ordinaire, la mienne, par ta présence et ton passage, extraordinaire !

Te remercier de m'avoir ouvert tes fenêtres, tes portes, ta vie, de m'avoir partagé tes rêves, tes peurs, tes défauts, tes joies, tes projets, les plus fous, les plus audacieux, les plus tiens !

Te dire merci de m'avoir emmené avec toi visiter ta maison, ton grenier parfois, visiter tout ce que tu es, que tant et tant, si proches parfois, ne connaissent pas, ceux qui se contentent d'effleurer du regard, en passant, mais ne s'arrêtent pas.

Te remercier de m'y avoir emmené, de m'avoir emporté dans tes orages et tes tempêtes, d'avoir traversé avec toi tes cimetières, tes jardins les plus secrets, d'avoir appris de toi, en te regardant, en t'écoutant, simplement... la vie !

Te dire merci, parce qu'au delà de tes mots, de ce que tu me confies, depuis tout ce temps, depuis quelques temps, tu me fais vivant, tu me rends vivre, ivre de la vie et de l'humanité.

Te remercier pour le plus beau de tous tes cadeaux, celui qui me fait adulte aujourd'hui, celui qui me fait être chaque jour de la vie, celui qui me fait croire, celui qui me fait espérer, celui qui me murmure, rencontre après rencontre, lettre après lettre, mail après mail, que la vie a un prix infini, celui qui me rend heureux chaque matin : ta confiance !

Merci

Michel



Samedi 31 mai 2003

Tous ces mercis...

Tous ces mercis que je vous ai promis, viendront bientôt !

Le temps ne m'est pas beaucoup donné ces jours-ci mais vous les recevrez très vite, c'est une promesse.

Sachez en attendant qu'ils m'emplissent le coeur et ne demandent qu'à se dire et à se partager. Il y en aura pour tout le monde.

Oh combien la vie serait plus belle si nous pensions à les dire plus souvent ! Tant nous devons les uns aux autres.

A très vite !

Michel



Jeudi 29 mai 2003

Ceux qui viennent régulièrement...

 ... sur ce blogue ne seront pas étonnés.

Je reviens d'une marche le long du canal. Un soir comme les autres, un peu plus chaud que d'autres, occasion de réouvrir un peu les yeux sur une autre réalité que celle qui fait mes jours, comble mes nuits, depuis des mois maintenant.

Bientôt l'échance ! Bientôt 'le stress de l'année' et bientôt la paix retrouvée. Enfin bientôt, c'est ce que j'espère de tout coeur.

Ce soir en marchant mes yeux se sont ouverts sur autre chose, une petite fille cueillant des fleurs qu'elle court offrir à sa maman, une jeune maman avec son enfant qui vient laver son linge sur le bord du lavoir, un couple d'amoureux frileux, suivi à trois mètres par la maman de la fille, semblant de rien, mine de ne pas être là (ça existe encore ça ?) Une canne qui prend le large à mon arrivée avec ses deux petits, un chien au loin, et un vague bruit de machine au loin loin tain !

Et là sur la route la paix qui vient avec la nuit qui tombe.

C'est là, entre jour et nuit, entre chien et loup, quand la nuit commence d'envelopper la terre, que le jour tente désespérément de conserver un peu d'influence, peine perdue, combat perdu d'avance, s'il en est, que viennent les plus belles pensées, les plus beaux sourires, les plus grands espoirs.

Comme au soir de ma vie, peut-être, je sens monter en moi les grandes questions, les souvenirs, les moments inoubliables, les minutes éternelles, les attentes interminables dans un hall d'hôpital, les regards les plus lumineux, les battements du coeur les plus intenses, les images les plus belles, les carrefours les plus douloureux et les bonheurs sans nom...

Là ce soir les visages dont j'ai déjà tant et tant parlé me reviennent, et certains restent là, vivantes images qui s'animent soudain au moment où j'écris et m'animent à jamais, que je ne peux aujourd'hui, ni ne saurai jamais, oublier ! ;-)

C'est si beau ! Me voici en un instant, impalpable instant, en présence de ceux que j'aime, les voici en moi ce soir, tous et chacun, étrange sentiment de les savoir tous là, de sentir une présence plus forte que les autres et que les autres jours, tous ces jours sans canal, sans marche et sans paix.

Demain je leur dirai merci, demain soir c'est promis ce sera un beau blogue. Réservez-le déjà, dans toutes les librairies, les kiosques, les tabacs...

Michel 



Mercredi 28 mai 2003

Si longtemps !

Plusieurs pourraient se reconnaitre dans le début de ce blogue !

Nos pas se sont croisés un jour, par hasard, à moins que le hasard n'existe pas ! Un jour, des jours, des semaines, des années de rencontres, d'histoire, de confidences, de mots, de paroles confiées... Des années, une amitié, une histoire... la confiance.

Elle disait dans ses lettres que ces temps-là l'aidaient à prendre conscience de sa vie, d'elle même, de ses rêves, de ses projets. J'ai seulement pris le temps d'ouvrir ma porte et d'accueillir cette vie, confiée petit à petit, coeur triste et perdu qui s'ouvrait lentement à la vie, à l'espoir, au regard de l'autre.

Fragile esquif isolé sur l'océan de la vie qui découvrait soudain l'immensité de celui-ci, sa solitude, et ceci que la vie n'est pas tracée d'avance. Et sa vie ballotée au grè des vagues, du temps, de l'orage, des rencontres.

Elle est venue longtemps, souvent, parler, simplement parler. Simplement ! Au début, timide, elle osait quelques mots en passant dans le couloir, puis petit à petit les mots sont venus, un à un, lentement. Il a fallu des années pour que le coeur se livre, la vie et les larmes, les espoirs et les rêves.

J'ai tout reçu, comme ça, aux moments les plus inattendus, le plus beau et le pire. Ses histoires, ses amours, ses brisures, blessures, cassures ! Et ses nouveaux chemins, ses nouveaux choix.

Ce qui suit est son histoire, une histoire, pas l'Histoire, pas une inévitable histoire, un chemin dans lequel ceux qui se reconnaissaient plus haut ne peuvent plus se reconnaître ! A chacun sa propre histoire !

Puis un jour, le silence, la distance, les années, je ne sais pas, je ne savais pas, je ne savais plus rien, le silence... jusqu'à cette semaine !

Elle m'a écris ! Huit ans plus tard, elle m'as écris !

Le besoin de reprendre contact, de retrouver des racines, des racines de parole et d'écoute qu'elle a perdu toutes ces années, pensant pouvoir enfouir en elle ses cris, ses révoltes, ses morts, ses peurs... la fuite !

Aujourd'hui tout revient à la surface de sa vie, de son âme troublée, profondément, tourmentée. Elle regarde ces jours qui lui semblent si lourds.

Elle m'as écris, main tendue, ouverte, cri, attente...

Et tout à l'heure je vais lui répondre. Mais je vous l'avoue, j'ai un peu peur de ce que je vais trouver, de ce que je pourrais dire, ou simplement de ne pas trouver les mots !

Michel



Samedi 24 mai 2003

Une journée bien si bien commencée !

Je vous propose un texte qui reflète bien la journée que je viens de vivre. Une journée bien, si bien commencée ! Un moment inoubliable ce matin. Il a ensoleillé toute ma journée : les traits tirés, les fatigues surmontées, les larmes versées, croisées au détour du chemin, humain, les souffrances de couples, les tristesses inaccessibles...

Un texte qui n'est pas de moi cette fois, mais qui dis simplement et de si belle manière mon état d'esprit du moment !

Le client : Allo, le service clientèle  ?

- Oui, bonjour. Que puis-je faire pour vous ?

"En révisant mon système, j'ai trouvé un logiciel appelé AMOUR, mais je ne sais pas comment il fonctionne. Pouvez-vous m'aider ?"

- "Bien sûr ! mais je ne peux pas vous l'installer. Vous devrez le faire vous-même. Je vais vous donner les instructions, d'accord ? "

- "Oui, je peux essayer" Par où dois je commencer ?"

- "Le premier pas est d'ouvrir votre CŒUR. L'avez-vous trouvé ?"

- Oui, voilà, Mais il y a plusieurs programmes qui tournent maintenant. Est-ce qu'il y a un problème pour l'installer pendant qu'ils continuent?"

- "Quels programmes ?"

- "Un petit instant, je regarde" . PEINE PASSEE.EXE, BASSE ESTIME.EXE, COLERE.EXE, et RESSENTIMENT.EXE tournent en ce moment.

- "Pas de problème, AMOUR effacera automatiquement PEINE PASSEE.EXE de votre système d'exploitation actuel. Il se peut qu'il reste dans le disque dur, mais il n'affectera plus d'autres programmes. AMOUR finira par remplacer BASSE ESTIME.EXE avec un programme incorporé appelé HAUTE ESTIME.EXE. Cependant, vous devez désactiver complètement les programmes COLERE.EXE et RESSENTIMENT.EXE. Car ils empêchent l'installation correcte de "AMOUR". Pouvez-vous les arrêter maintenant ?

- "Je ne sais pas comment. Pouvez-vous me dire comment les arrêter ?

- "Avec plaisir. Aller au menu DEMARRER et activez PARDON.EXE. Exécutez-le autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que COLERE.EXE et RESSENTIMENT.EXE soient complètement effacés."

- "C'est fait ! AMOUR commence à s'installer automatiquement. Est-ce normal ?"

- "Oui. Vous aurez bientôt un message disant que AMOUR sera actif aussi longtemps que CŒUR subsiste. Avez-vous ce message ?"

- "Oui, je l'ai ! Est-ce que l'installation est finie ?

- "Oui, mais souvenez-vous que vous n'avez que le programme de base. Vous devez commencer à vous connecter à d'autres CŒURS pour recevoir les actualisations."

- "Oh là la! Je reçois un message d'erreur. Il dit : "ERREUR - Programme non actif en composantes internes". Qu'est ce que cela veut dire ?

- "Pas de panique ! Cela signifie que AMOUR est configuré pour l'exécution avec des CŒURS extérieurs, mais n'a pas été exécuté dans votre propre CŒUR. C'est un peu complexe, mais cela veut dire que vous devez AIMER votre propre système avant de pouvoir AIMER les autres. Pouvez-vous localiser le logiciel "AUTO ACCUSATION" ? - "Oui je l'ai." - "Formidable, vous apprenez vite".

- "Cliquez dans les fichiers suivants pour les copier dans votre répertoire CŒUR : AUTO-PARDON.DOC, AUTO-ESTIME.TXT, VALEUR.INF et REALISATION.HTM. Le système remplacera tout fichier incompatible. Egalement, vous devez effacer AUTO-CRITIQUE.EXE de tous vos répertoires, et vous devez vider la corbeille pour vous assurer que tous les fichiers effacés ne puissent jamais se réactiver."

- "Compris ! Hé ! MON CŒUR est en train d'activer des fichiers très jolis : SOURIRE.MPG s'active et indique que CHALEUR.COM, PAIX.EXE et BONHEUR.COM se copient dans mon répertoire CŒUR"

- " Cela indique que AMOUR est en train de s'installer et de s'exécuter. Maintenant, vous pouvez vous débrouiller par vous-même. Encore une chose avant de vous quitter.. !

- "Oui"

- "AMOUR est un logiciel gratuit. Assurez-vous de le donner à toutes personnes que vous connaissez. A leur tour, elles vont le partager à d'autres..."

- "Je vais le faire. Merci de votre aide" !

Michel



Mardi 20 mai 2003

Qui peut comprendre ?

Le coeur qui se brise laisse des traces indélebiles, garde ses blessures, se tait silencieux, enfermé devant l'autre et se terre en lui-même, en noircé, en noirceur, en pénombre, en nuit sombre...

Elle a crié cette semaine, son cri strident, aigu qui crevait les tympans. Un cri de peur, d'angoisse, un cri de haine, de cette haine de soi-même, que personne ne peut comprendre, personne, pas même elle !

Elle a crié si fort !!! Et personne n'a entendu, personne n'a compris, personne n'a pu prévoir, deviner, craindre, devancer... Et quand bien même ils auraient compris, ils n'auraient rien pu y faire, rien empécher.

Aujourd'hui, elle ne sait plus, elle ne sait pas ... Elle n'a jamais su !

Rien ! Le silence en elle, le silence autour d'elle, depuis si longtemps ! Rien d'autre que ce trou béant, en son âme, aux si lointaines profondeurs de son non être... Ce trou de rien, de vide, de quête d'absolu !!!

Une montagne d'indifférence, une montagne de haine accumulée, par elle-même, par elle seule... Une montagne de pas, de regards, de larmes retenues, de noirceurs enfouies depuis toujours, si longtemps !

Et pas de réponse ! Un cri et pas de réponse ! Ou plutôt si, trop de réponses ! Celles des autres, de ceux qui savent toujours tout à sa place !

Elle voudrait trouver ses réponses ! Son cri, si douloureux est un appel à la vie, à vivre mieux, intensément plus, à aimer, à trouver le sens de tout et d'elle même.

Laissons-la trouver sa réponse, les nôtres ne servent à rien, seule sa réponse compte... et notre amour, de toujours, aujourd'hui, comme hier, tendresse, si elle veut, pardon, présence, confiance.

Etre là ! Pour elle, qu'elle vide son noir intérieur, une fois, là, simplement, si elle veut !

Michel



Lundi 19 mai 2003

Visages !

 

Vous êtes des milliards

Mais vous êtes uniques,

Vous existez pour dire

Ce qui ne se dit pas,

Pour montrer au grand jour

Ce que l’homme veut cacher…

Visages …

Vous dites l’homme !

 

J’ai rencontré un homme qui n’a pas de visage,

Il a perdu l’espoir de le trouver un jour…

Visage du chômeur, aigri de trop attendre…

Visage d’assassin, qui ne se comprend plus !

 

J’ai rencontré un jour des visages d’enfants

Fatigués par la guerre ou creusés par la faim…

Visages de misères,

Visages d’innocence…

Qui voulaient simplement

Qu’on les regarde un peu !

 

Et puis j’ai vu un jour,c’était dans un journal,

Le visage hypocrite d’un président connu.

Il promettait la paix aux gens de son pays,

On voyait dans ses yeux,

Des cadavres en sang !

 

J’ai rencontré un masque, il était souriant

Mais il cachait les larmes d’une femme oubliée.

J’ai rencontré un masque sans aucune expression,

Passant parmi la foule, indifférent à tous,

Il avait peur du monde…

Peut-être de lui-même…

 

J’ai vu le visage tendre d’une mère pour son fils.

A travers un regard, c’est l’amour qui se dit,

La fraîcheur matinale d’un visage de fleur

Et le visage pâle…

De l’aube qui se lève.

 

Vous êtes des milliards

Mais vous restez uniques,

Vous existez pour dire

Ce qui ne se dit pas,

Pour montrer au grand jour

Ce que l’homme veut cacher…

Visages ….

Vous dites l’homme !

Michel (j'ai écris ce texte en 1983 ! Oui je sais j'étais jeune et beau !)



Mercredi 14 mai 2003

Rencontre possible !

Je vous offre juste un texte que j'aime beaucoup et qui dit à sa manière la rencontre possible, l'histoire d'une rencontre !!! Que chacun s'y retrouve, s'il veut, dans une histoire personnelle, interpersonnelle !

Je l'ai vu venir. I1 marche rapidement. Je sais, ou plutôt je sens, qu'il vient vers ma maison. Ses visites produisent sur moi une drôle d'impression.

Nous nous connaissons depuis bien longtemps et je me sens honoré et heureux de l'avoir chez moi. Il aime venir. I1 me pose des questions personnelles, qui agissent sur moi. Toujours, il les ramène vers les choses dont je crains de parler. 

 

Voici que maintenant il est à ma porte. Non pas à la porte principale de ma maison. Il se tient en ce moment devant une porte de derrière, plus petite. Je ne veux pas avoir de secrets pour lui, je l'ai prié de venir toujours par cette porte de derrière, laissant la grande porte aux étrangers, aux visites de cérémonie.

 

Entrant par cette porte, il est à même de voir ou même de traverser des pièces Familières, mal tenues. Il semble prendre un intérêt à ma salle à manger, à ma cuisine, à ma chambre, au grenier... Le désordre et la poussière ne lui échappent pas.

 

Je crains parfois qu'il découvre à quel point certaines choses ne sont pas ce qu'elles devraient être.

 

Il arrive donc à la porte de derrière. Elle est close.

Il s'arrête devant "sa" porte et il la regarde.

Va-t-il frapper ?

Veut-il donc entrer par cette porte ?

 

Voilà qu'il frappe !

Vais-je ouvrir ?

Rien n'est prêt pour le recevoir. Un désordre inouï s'étale partout.

Et où est la clé de cette porte ? Il frappe encore.

Je l'observe de loin.

Il frappe doucement.

Il frappe toujours.

 

Que faire ?

Allons ! Je vais vers la porte, j'ouvre doucement cette porte qui grince...

Je m’efface : « Entre ... Tu sais... »

J'allais dire : « Tu sais que  je t'aime. » Mais je n'ose continuer la phrase, et un sanglot étrangle ma voix. Lui me regarde avec un sourire calme.

Il dit : « Je sais... Je viens souper avec toi. »

Michel



Lundi 12 mai 2003

Dans le métro !

Ce matin, lundi matin, encore endormi par le train en retard de 3/4 d'heure, j'attends le métro à la gare du Nord. Juste le temps de l'attrapper et de monter m'installer dans la rame, enfin, debout contre la porte.

Il arrive à la station suivante. J'avoue que pendant un court un instant je sens monter en moi comme une pointe d'encore !

Il est là et s'installe juste devant moi, la guitare autour du cou, barbu, comme Léon ou tant d'autres qui vivent souvent-longtemps dehors. Pantalon et veste de jean !  Un peu sale, crad et craqué, déchiré par la vie ou la rue ! Il faut bien le dire.

Puis il prend sa guitare et se met à chanter ! C'est du Brassens ! Bon, on va dire que ... Il a une belle voix, bien forte, qui raisonne bien ! C'est vrai mais c'est un peu faux quand même, parfois, un peu ... Tant pis !

Puis il change de chant et, comme s'il faisait un récital, il nous présente sa chanson : Un p'tit bonheur ! 'Allez c'est pour tout le monde, un peu de poésie, de romantisme' ajoute-t-il avec un superbe sourire.

C'est alors qu'il chante... mal... son petit bonheur qu'il ne connait pas bien. Mais il le chante, un peu comme il le vit, sans doute, c'est du moins la pensée qui me traverse l'esprit à ce moment-là.

Puis il termine, fier de son chant, de son auditoire, sympathique, il faut bien le dire, attentif... Dans le métro à 9h, un lundi matin ! Oui, c'est rare, je vous assure !

Alors il remet sa guitare et passe au milieu de nous. Nous sommes nombreux à participer à sa quête ce matin ! Oh ce n'est pas pour le chant, pas pour la voix, ni pour la guitare, c'est pour ce petit bonheur qu'il a voulu nous partager et pour son sourire, pour lui, tout simplement !

Merci monsieur le troubadour d'aujourd'hui, le semeur de bonheur dans le métro de ce lundi matin !

Michel



Mardi 6 mai 2003

Hier, je ne pensais ...

... pas à cet amour-là, pas à cet amour-là : deux personnes amoureuses qui s'aiment à mourir et s'aiment à vivre ! Deux regards, elle et lui, toujours pour la vie... Je n'y pensais pas ! Non, je n'y pensais pas.

Je pensais aux regards qui transcendent les coeurs, dépassent les étoiles, autre réalité, indicible, au delà même des mots, des gestes et de l'amour !

Je pensais bien plus loin, au delà de ces astres qui brillent dans les yeux, je pensais au delà de l'amour, de l'amitié, de tout... Je pensais... !

Je pensais au miroir qui reflète, réfléchit, renvoie une belle image, bien plus loin que la vie, paysages inconnus de l'âme, reflets argentés du fond des yeux, de la part cachée de chaque être à lui-même et qu'un simple regard, pas si simple pourtant, peut, soudain, révéler, mettre au jour, mettre au monde !

Je ne parlais pas de tous ces sentiments qui se battent sans fin dans nos coeurs assoiffés et qu'il nous faut sans cesse et sans cesse et toujours dire et redire à l'autre, assoiffé, insatiable... Tous ces mots qu'il imprime et attend chaque fois avec plus de ferveur, d'espoir, de douleur et une joie intense...

Je parlais de ce dont je ne trouve pas le nom, et qui est au delà... Et ne se dit qu'une fois. Qui puise droit à la source de l'infini clarté, de l'infinie vie, de l'éternelle force et de l'amour immense, qui ne vient pas de nous, mais d'un autre... Au delà de tout, auteur et créateur.

Je parlais de Celui qui me donne parole, qui me prète ses mots sans que je les comprenne, que j'en perce le sens, mais qui me les prète... que je puisse les offrir, en son nom, à jamais, une fois, juste une fois, et qui se gravent au coeur !

Une fois, juste une fois, les dire à chacun, à chacune, dans sa vie, révélation intense de son unique beauté, de la personne qu'il est, de son prix, sa valeur, de sa vie, de son sens et de l'éternité !

Une fois, juste une fois, et ne plus les redire... Parce qu'une fois suffit !

Michel



Lundi 5 mai 2003

Dites-moi, rien qu'une fois !

Une fois dans la vie, une fois pour chacun...

Rien qu'une fois, oser, transcender mes frontières et lacher tous mes verbes dans le jardin de l'autre...

Une fois, rien qu'une fois, oser trouver les mots, les offrir, les donner, pour ne plus les redire, pour ne plus les reprendre. Les donner à jamais...

Une fois, rien qu'une fois, dire à l'autre qu'il compte : son prix, sa valeur, celui qu'il est pour vous, celle qu'elle est, unique, incomparable... comme chaque être est unique et d'une vraie beauté. Merveilleuse beauté, qui surgit droit de l'âme, le coeur... Que l'on  voit battre et battre et battre encore !

Une fois, rien qu'une fois, savoir dire la bonté, la douceur, la tristesse, le vide et les blessures. Savoir les regarder, voir, percevoir... Et savoir un jour, pour toujours, parler, offrir... à l'autre ... lui-même, elle-même !

Une fois, rien qu'une fois, dire les mots non dits, et tous les mots mal dits, les mots inattendus, les mots trop attendus, fragiles et hésitants, maladroits, délicats, si souvent abîmés, si souvent galvaudés, par la vie, par le temps, par les enfants qui jouent, par les regards blasés qui ne savent s'arréter !

Une fois, rien qu'une fois, oser dire, oser croire... en lui... en elle... en sa vie à venir...

Espoir !

Michel



Samedi 3 mai 2003

Et si j'allais un peu plus loin !

Je n'arrive pas à être complètement satisfait de ce blogue d'hier. Il y a du vrai dans ce que j'ai écris... Mais, si vous permettez, je voudrais poursuivre un peu plus loin. Oh rassurez-vous, il sera beaucoup plus court ce soir.

Ma question finalement, c'est celle du dialogue entre groupes, générations, cultures, mondes, univers ... Et tout compte fait, entre personnes.

Et si simplement j'acceptais que chacun ait son propre langage. Cela serait plus simple... Et terriblement plus compliqué ! Donc drôlement intéressant ! Cela voudrait dire qu'il me faut apprendre à penser comme l'autre pour entrer en relation, en dialogue avec lui et pour une vraie compréhension, profonde, invisible, au delà du visible !!! Donc !

Alors ce dialogue deviendrait possible... avec le temps, dans la durée, patiente, pas à pas !!!

Mais il me faudrait accepter une médiocrité ordinaire dans mes échanges habituels, professionnels, impersonnels et passagers... Pour mieux investir les échanges forts et profonds, que je, moi, seul, choisirais comme essentiels...

Ah oui et l'autre aussi... Sans celà je passerais mon temps à dialoguer seul... Hummmm ! Bref ! A monologuer, quoi ! En quelque sorte ! Ou à soliloquer ! (ça jette ça !)

Et si je désire que la plupart de mes rencontres soient de cet ordre... Alors il me faut choisir d'y mettre le temps... d'y mettre le prix (c'était ça hier le 'jamais soldé')

Michel



Vendredi 2 mai 2003

J'apprends à parler !

Je pensais savoir parler, je pensais pouvoir comprendre... Etre humain, capable d'en parler le langage...

Hier je me suis pris à parler Anglais. J'étais ravi, heureux, enfin depuis tant d'années, reparler Anglais ! Je voyais les mots danser en mon esprit, se méler... Les mots français, les mots anglais, avec une grande aisance. Il manquait juste parfois un peu de vocabulaire, usé, oublié, enfoui loin dans un petit espace déconnecté de mon esprit...

Je parlais et l'autre semblait me comprendre. Mais traduire des mots, des phrases, est une chose... Rencontrer l'autre, Anglais, en est une autre. Je me suis vite aperçu que mes traductions ne rendaient pas bien ma pensée... Pour mieux le rencontrer, pour mieux nous comprendre, il eut fallu que je pense en Anglais, pas seulement en langue anglaise, mais que je pense comme un Anglais. Alors et seulement à ce prix notre échange eut été possible, en vérité, en profondeur !!!

Jeunes et adultes ! Ce défi du dialogue est permanent ! La vie quotidienne est faite d'incompréhensions incessantes, parce que simplement, chacun parle son propre langage et n'imagine pas un instant que l'autre parle une autre langue. Pourtant !

Nous comprendre en vérité, en qualité, parler pour l'autre, pour qu'il vive, pour son bonheur, pour construire la relation... Pour y parvenir, n'avons nous pas à prendre d'abord le temps de la connaissance ? Connaitre l'autre, son langage, le sens qu'il donne aux mots, aux gestes, aux regards... Connaitre son univers de vie, de pensées, de détente... (Tenez toutes les questions banales d'une relation qui nait : tu aimes quelles musiques, quels films, quels auteurs, quelles vedettes, quels paysages !!! Tu regardes quelles séries ? Qui est le plus beau garçon du monde ? ...) Autant de questions qui aident à entrer dans la compréhension de l'autre, sa connaissance, son monde, son langage.

Alors seulement, une fois dans cet univers de l'autre, tourné vers lui et ceux qui lui ressemblent, je pourrai le comprendre et lui parler, comprendre le sens des mots qu'il emploie, des silences, des lettres, des questions, des attentes...

Démonstration ! Un jour dans une lettre je trouve un mot bizarre : "lol" ! (ne vous moquez pas s'il vous plaît d'un pauvre adulte qui découvrit un jour le mot lol. Depuis j'ai fais de gros progrès ! Si si !) C'était il y a déjà longtemps ! (Hummm !) Je me dis que sûrement il y a un sens précis à ce mot. Je ne vais pas jusqu'à la recherche éthymologique, je sens qu'il faut chercher ailleurs. Je pense : 'quelque chose du monde de l'adolescence !!!'

C'est un curieux univers savez-vous ? Les mots changent sans cesse, comme s'ils étaient juste faits pour que l'adulte ne perce pas les secrets des mots, à moins que ce ne soit les secrets du coeur en construction, à moins que ce ne soit par besoin d'un langage propre, jeune, réservé, interdit à celui qui ne prend pas patiemment le temps de comprendre, de décrypter, d'aimer, quoi ! Lol !

Et voici que quelques temps plus tard j'installe Messenger chez moi ! Eh oui, (pardon pour les AOL-liens, j'ai aussi installé aim !) Et là je comprends. Depuis je n'ose vous dire les progrès en vocabulaire... A tel point que quelque part en mon esprit j'ai ouvert un dictionnaire spécial jeunes ! Du reste il n'y a pas que des mots... Tant ce langage est imagé, complexe, coloré, riche, varié, innovateur, subtile et surprenant, choquant et provoquant parfois, sensible et beau, fragile, jamais écris complètement, comme en train de s'écrire, comme la vie... comme la réalité de ceux qui l'utilisent, de ceux dont il dit la vie.

Allons pas d'inquiétude, je sais que pour les jeunes, le langage des adultes peut sembler bien hermétique aussi et décevant parfois, pauvre d'images et de vie (oh pardon adultes mes frères et soeurs !), sans goût et sans saveur, gris, soucieux... Mais quand même ! C'est un langage qui nous ressemble, avec ses complexités, ses codes, ses propres couleurs, souvent moins vives et provocantes, souvent de nuances, souvent marqué par les blessures d'une vie plus avancée et les réponses même temporaires apportées à nos questions, un langage qui ne sait pas toujours dire le sens des mots dont il est fait, un langage de gestes et de regards, pas les mêmes, pas avec les mêmes contenus, un langage de vie, de dynamisme, peut-être plus intérieur... Un autre langage !

Et la question est celle de la rencontre. Possible, je le crois ! Je la crois toujours possible, simplement parce que je la vis et l'ai vécue si souvent. Si belle, si grande et si bénéfique pour chacun, possible mais jamais soldée !

Un chemin qui se fait en vérité si jeunes et adultes, hommes et femmes, enfants et parents... Nous prenons le temps, lentement, délicatement, tout tournés les uns vers les autres, de découvrir nos univers mutuels, l'air que l'autre respire, son langage au sens le plus large. Pour en fin de compte, sans cesse partir à sa rencontre, sans cesse entrer en relation, sûrs que dans ce domaine, rien n'est jamais acquis pour toujours, tout est toujours à écrire et à bâtir...

Michel



Mardi 29 avril 2003

Ca vous arrive ?

Dites moi ça vous arrive d'avoir envie de crier, de hurler que ce monde est trop bête, qu'il va droit à sa perte ?

Ca vous arrive d'avoir peur tout à coup devant l'absurdité ?

Ca vous arrive de courrir à perdre haleine devant une ombre qui passe dans la nuit, de peur, d'effroi tandis qu'en fait vous ne fuyez que vos pensées, vos angoisses intérieures ?

Ca vous arrive d'avoir envie de tout casser, de tout briser, un jour comme ça, un jour de folie absurde, d'absurdité folle ?

Ca vous arrive de ne plus rien comprendre aux hommes, aux gens, aux mots que quelqu'un vous écrit, aux pensées surgies d'on ne sait où ?

Ca vous arrive de réagir trop fort, de ne pas contrôler, de ne pas maitriser votre humeur du moment ?

Ca vous arrive de réprondre trop vite et de craindre ensuite le retour, la réponse de celui qui vous a blessé et que vous craignez de blesser à votre tour ?

Moi ça m'arrive !

Mais ça m'arrive aussi d'avoir les larmes aux yeux, d'une parole spontanée, entendue, juste ici, à l'instant...

Ca m'arrive de pleurer de joie, à la vue d'un enfant qui cueille une petite fleur...

Ca m'arrive de me sentir si bien devant un paysage, une campagne au soleil, une chaine de montagne, les vagues d'une crique bretonne...

Ca m'arrive de me trouver si bête, de rire de moi-même, de pleurer de rire, seul, de m'éveiller la nuit, en plein fou rire !

Ca m'arrive de me prendre à aimer, de me sentir fondre, le coeur, tout entier pris, par un si beau regard, un si beau texte, une si belle pensée.

Ca m'arrive de me sentir porté, au delà de moi-même, comme jamais je n'avais osé espérer.

Ca m'arrive de me sentir petit, si petit dans ce monde et si redevable à tous.

Ca m'arrive ! Et vous ça vous arrive ?

Michel


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