Vendredi 20 juin 2003
Mercredi je revenais de Limoges (pas de Nantes !) et le voyage durait et durait, me semblait interminable. Six heures longues comme jamais de ma vie. La fatigue sans doute de ces trois jours de travail intensif, la fatigue de ces derniers temps qui sera là encore longtemps, les soucis, le climat orageux ... Et la fatigue quoi, sans doute ! Enfin !
Et me voici m'ennuyant dans ce train, coincé contre la fenêtre. Et des gens qui passent et des gens qui se garent et des gens qui s'asseoient dans ce train sans un regard, sans une pensée. Je voyais au dehors les arbres balottés par le vent, silencieux et muets et au dedans les gens silencieux et muets ballotés par le train !
Et j'étais là, tentant vainement de croiser un regard, un de ces regards banalement tournés vers le sol ou l'horizon, drôle d'horizon dans une voiture de la SNCF !!!
Tout à coup l'espoir ! Une personne, un homme, venait s'installer à côté de moi, je pouvais espérer, un instant, une conversation pour l'heure et demie restante ! Eh bien non ! Au bout de quelques instants je le vis sortir de sa poche une petite boite d'où il tira deux boules de pâte jaunâtre qu'il s'enfonçait dans les oreilles ! Et le voici qui s'endormit ! Et ce monsieur s'étallait de tout son long sur son siège et occupait soudain l'accoudoir, même de mon côté, et j'étais là coincé contre la fenêtre dans ce train au trajet interminable, comme jamais dans ma vie !
Alors un espoir, une lueur de vie me traversa l'esprit, et je me mis à penser à tous les visages de ceux que j'aime et je les vis monter avec moi dans ce train et j'imaginais leurs rires en me voyant ainsi et le trajet me sembla soudain bien plus court.
S'il faut une morale à cette histoire c'est que les gens sont bien enfermés sur eux-mêmes, quand même, quoi qu'on dise ! Et c'est aussi que la prochaine fois j'emporte des photos de ceux que j'aime, ils me tiendront compagnie dans le train !!!
Michel
Publié par Tintin
à 2003-06-20 12:52:24
Permalien |
| chroniques