Pensées



Publié le jeudi 1 janvier 2009


Jeudi 1 janvier 2009

il est temps

 

Il est déjà ‘ce matin’ alors que je pensais n'être qu'hier !

Le temps passe si vite, coulant sur les flots de nos jours

à moins que ce ne soient nos jours qui coulent sur les vagues du temps.

 

Insaisissable, incontrôlable, ainsi va le temps !

J'ai rêvé un jour pouvoir l'arrêter, le contrôler, le maîtriser.

D'un coup de baguette magique, ne plus vieillir, ne plus être son esclave !

Esclave du temps à qui je ne demande rien.

 

Et je me suis mis à vivre sans le temps, sans montre,

cela fait des années maintenant.

Hélas, mille fois, voici que ces aiguilles me rattrapent

partout où je vais, partout où je passe,

aiguilles, cristaux, néons…

marquent infatigablement le temps qui passe.

 

Et voici que le petit miroir de ma salle de bain s'en mêle

Pointant sur mon visage les rides que le temps, toujours lui, s'amuse à dessiner.

Comme pour rappeler que mon combat est vain,

qu'il est là, qu'il existe, que je me dois d'accepter !

 

Ce serait si beau de ne plus vieillir,

de ne plus risquer les rhumatismes, la maladie,

de toujours courir sur ses deux jambes,

de bondir par dessus les poubelles,

de faire du parapente, de l'escalade,

de tomber et de se relever sans la moindre égratignure,

de bêcher son jardin sans devoir se coucher ensuite !!!

 

Ce serait si triste de ne plus vieillir !

De ne plus changer,

de rester celui que je suis,

comme je suis aujourd'hui,

de n'avoir aucune chance de m'améliorer un peu,

encore un peu, juste un peu !

De ne pas voir passer les jours

en disant que demain sera un autre jour,

un jour autre.

De ne pas voir baisser le jour,

de ne pas se voir s'en aller,

de ne pas avoir à pleurer ses amis, ses proches

qui vous quittent,

de ne pas vivre les départs et les retours.

De ne pas espérer Vivre...

Allons, il est temps…

J’y vais



1 Commentaire :

Commentaire écrit le vendredi 2 janvier 2009 à 21:43:42 (lien)

Bonsoir Michel,
Je viens tout juste de découvrir ton blogue, un mot : impressionnant
Tous cela est vraiment ….comment dire….sortie tout droit
de nos propres pensés, comme on pourrait dire…
Alors je vais en 2009 prendre la résolution de venir te lire ..LOL
Bonne continuité de mot sur les maux……

Zoizinet xox
www.zoizinet.monblogue.branchez-vous.com




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Jeudi 1 janvier 2009

si fooooort

Le coeur qui se brise laisse des traces indélébiles, garde ses blessures, se tait silencieux, enfermé devant l'autre, il se terre en lui-même, en noircé, en noirceur, en pénombre, en nuit sombre...

Elle a crié cette semaine, son cri strident, aigu qui crevait les tympans. Un cri de peur, d'angoisse, un cri de haine, de cette haine de soi-même, que personne ne peut comprendre, personne, pas même elle !

Elle a crié si fort !!! Et personne n'a entendu, personne n'a compris, personne n'a pu prévoir, deviner, craindre, devancer... Et quand bien même ils auraient compris, ils n'auraient rien pu y faire, rien empêcher.

Aujourd'hui, elle ne sait plus, elle ne sait pas ... Elle n'a jamais su !

Rien ! Le silence en elle, le silence autour d'elle, depuis si longtemps ! Rien d'autre que ce trou béant, en son âme, aux si lointaines profondeurs de son non-être... Ce trou de rien, de vide, de quête d'absolu !!!

Une montagne d'indifférence, une montagne de haine accumulée, par elle-même, par elle seule... Une montagne de pas, de regards, de larmes retenues, de noirceurs enfouies depuis toujours, si longtemps !

Et pas de réponse ! Un cri et pas de réponse !

Ou plutôt si, trop de réponses !

Celles des autres, de ceux qui savent toujours tout à sa place !

Elle voudrait trouver ses réponses !

Son cri, si douloureux est un appel à la vie, à vivre mieux, intensément plus, à aimer, à trouver le sens de tout et d'elle même.

Laissons-la trouver sa réponse, les nôtres ne servent à rien, seule sa réponse compte... et notre amour, de toujours, aujourd'hui, comme hier, tendresse, si elle veut, pardon, présence, confiance.

Etre là !

Pour elle, qu'elle vide son noir intérieur, une fois, là, simplement, si elle veut !

Et nous, être là !



Jeudi 1 janvier 2009

passé-ressassé

Son fauteuil et la fenêtre...
son ultime horizon...

Ses jambes le portent si peu maintenant,
ses yeux l'emportent au loin,
bien plus loin que sa vue,
par eux il imagine,
il vit,
il rêve,
à sa vie d'autrefois (cliché)
sa vie passée, aimée,
regrettée,
flétrie comme sa peau vieillie par les ans (re cliché !)
pourtant c'est sa vie aujourd'hui,

Ses jambes ne le portent plus ou si peu,
du lit à la fenêtre,
et du lit au fauteuil,
et puis du lit, au lit.
(comme chantait Jacques Brel)

Sa vie c'est la fenêtre, rideaux ouverts,
dès le matin-matinal-très-très-tôt, quoi !
Tard le soir,
vers environ 17h l'hiver,
la vie s'arrête quand il fait noir, on ne voit plus, on ne vit plus, monsieur, voyons !

Sa vie c'est la fenêtre,
seule compensation au vide absolu
qui rythme et empli ses jours
depuis de si nombreuses années !

Car le vide, monsieur, le vide seul hélas remplit désormais sa vie,
le vide...

et l'infirmière qui passe chaque jour,
et le jeune sympa d'une entreprise de réinsertion
qui lui apporte quotidiennement son repas.

Sa vie c'est tout le reste
là où plus personne ne passe,
ne parle...
la télé à fond (parce qu'il n'entend plus vraiment bien)
et la rue,
ses seuls espaces de liberté,
Il regarde au dehors et se laisse emporter
sur les ailes blanc-cassé-salies-par-la-boue
de la camionnette des ouvriers d'en face...

Sa vie maintenant, il la ressasse ou il la rêve...
Il est seul.

Elle est partie depuis longtemps déjà,
lui était encore jeune,
si jeune, se répète-t-il sans cesse...
C'est toujours trop tôt quand l'autre part...

Il se souvient...
Au commencement tout est sombre mais si confortable....
La vie ça commence toujours seul dans le noir...
Sa vie se termine doucement devant la fenêtre,
fragile horizon,
qu'un camion mal garé peut obstruer pour la journée, boucher, anéantir...

Des solitudes comme la sienne il y en a des milliers,
des dizaines,
autour de nous,
tout près.
N'y a-t-il pas un moment, un jour
où les mots ne font plus tout,
un jour où en parler ne suffit pas,
un jour où un geste devient nécessaire,
vital,
pour rendre vivant,
et dés-isoler,
dé-solitudiser ?

Et faire que la fenêtre n'ouvre plus sur le passé-ressassé
mais sur l'aujourd'hui d'une visite possible...

"S'il te plaît, dit le renard, apprivoise-moi...
Je t'attendrai toute la journée et quand je verrais l'heure approcher, je reconnaîtrai ton pas"


... et alors je vivrais, enfin, de nouveau...