Pensées - Pour le Monde




Vendredi 16 janvier 2009

Grand dadet...

Grand dadet !

Il ne savait plus lever la tête,
grand dadet,
comme on lit parfois dans les livres d'Agatha Christie,
il marchait courbé,
jamais droit,
il regardait en bas, le visage tourné vers la terre.

C'était un homme au coeur droit.
Mais son corps, son visage, ses regards
étaient parfois insoutenables...
déformés, comme les branches tordues de certains arbres de villes...
Un corps pour crier en silence ce que nous ne pouvions pas comprendre
ce que je ne pouvais pas imaginer...

Un jour...

Il a fallu du temps,
des semaines,
pour qu'il dise,
qu'il raconte
qu'il partage ce qui avait tordu son corps au point de le courber ainsi
ce qui l'avait à jamais soumis,
torturé, humilié
et, paradoxalement, aidé à se redresser...

Un jour...

Il a vu sa famille massacrée devant lui,
impuissant,
attaché,
il attendait son tour...

Le pire est arrivé.
Ils l'ont détaché,
et ils l'ont laissé vivre.
Ils ne lui ont rien fait,
ils ne l'ont pas touché,
Et c'est pire que la mort
abattu il l'était, humilié, impuissant,

ridicule bout d'homme asservi à la haine
Ils les ont tous tués...
Lui ils lui ont fait pire...

Ils sont partis,
ils ont repris leur tache de rebelles,
ils ont poursuivi leur route,
le laissant blessé sur un bord de village vidé de ses habitants,
sinon lui.

J'aurais pu devenir fou,
disait-il, un sanglot dans la voix,
les yeux tournés vers le sol, la terre,
pire, j'aurais pu devenir comme eux
.

Il s'est terré, presque enterré,
caché pendant six mois sous les ruines d'une maison,
sous des tôles infâmes dont il n'oubliera jamais la noirceur.

Et quelqu'un est passé, repassé, s'est arrêt pour lui.
Et pendant ses six mois, la main de passage déposait à manger,
oh, seulement quand c'était possible.

J'aurais pu devenir fou, disait-il
ou devenir comme eux.


Un jour ...

Un jour il est sorti
et il s'est déplié, décourbé, un peu,
celà fut long,
rappelez-vous c'est un grand dadet
et tandis que son corps lentement reprenait une allure humaine
il décidait de mener une vie Humaine.

Quand il a pu sortir,
il a choisi de devenir prêtre,

au service discret et humble des isolés,
des souffrants du monde,
de ceux qui pourraient devenir fous,
de tristesse,
de rage,
de souffrance.

Il a choisi de devenir prêtre
pour combattre la haine
avec un coeur d'amour
et donner sa vie.

Il n'a pas trente cinq ans,
ces temps-ci il vit à Paris, il termine ses études,
c'est là que je l'ai rencontré...
Il retournera au pays,
bientôt,
il sait que là bas sa vie est menacée,
mais ils sont si nombreux qui attendent juste une main pour vivre.

De nouveau il se penchera,
il courbera le corps,
son corps de grand dadet,
pour mieux tourner son coeur vers ceux qui vivent si bas,
courbés, humiliés, blessés,
et pour éviter qu'ils ne deviennent tous fous.

Mystère de notre Humanité,
capable du pire,
et du meilleur.


Rwanda



Jeudi 20 mars 2003

New York est morte !

Transformée en camp retranché, soldats en armes, surarmés, plus armés que ceux d'Irak, partis ceux-là, combattre un ennemi affamé, presque mort, sans arme et sans avenir !

New York, la ville qui ne dort pas à cause de ses affaires, de son business, ne dort plus depuis le 11 septembre. Un rien l'effraie, un rien la terre, un rien la mine !

New York est morte ce soir ! Il suffit de voir les images des habitants, les regards des soldats, plus effrayés que ceux d'Irak !!!

Où donc est la vraie guerre ? Qui sont les vraies victimes ? Qui gagne quoi ? On nous avait promis une guerre contre l'intégrisme, le terrorisme... efficace ! Aujourd'hui l'Amérique est un pays en guerre, un pays qui a peur et tremble sans cesse, l'Amérique a oublié son indépendance, son 4 juillet d'antant. La voici dépendante de sa guerre et de ses guerres, de ses ennemis, d'elle même et de ses peurs... D'elle-même surtout ! Le pays de la liberté, du libéralisme...

Et la France se demande si cette guerre du golfe ne pourrait pas venir chez nous. S'inviter alors que nous ne la voulions pas. Ce n'est pas notre guerre ! Eh bien voyez-vous, aujourd'hui dans le monde la guerre des uns est la guerre de tous. Tous sur la même planète si facile à détruire !!! Une si belle planète, une si belle humanité ! En voie de destruction ou de re construction ?

On ne peut jamais gagner une guerre. Les forces s'opposent mais qui gagne sinon la guerre elle-même. Alors elle devient la religion et ceux qui se battaient au nom de Dieu ne le faisaient qu'au nom d'un seul dieu, le dieu Guerre, le dieu de la force, le dieu de la haine.

Mais voilà, un seul à su combattre la haine ! Un seul a su la tuer, la terrasser ! Un seul a su qu'en ne répondant pas il détruirait la haine. Un seul... Car il n'y a qu'un moyen de tuer la haine c'est de ne pas lui accorder d'importance, et lui répondre c'est déjà la faire exister !

Michel



Dimanche 16 mars 2003

J'y étais !

Plus de mille sur la colline de Lorette ! Nous étions plus de mille, des centaines de jeunes ont fait l'ascension de la colline avant le rassemblement au pied du phare avec les adultes...  Retrouvant d'autres jeunes venus en voiture ! Et peu importe le nombre ! Ce qui importe c'est cet ultime temps concacré à la paix. Cette ultime espérance partagée, cette ultime prière sur un lieu si hautement symbolique.

A deux pas de l'église les tombes de 20 000 soldats alliés de l'époque... A quelques distance de là, 20 000 tombes de soldats allemands ! Témoins infatiguables d'un conflit passé qui nous donne de savoir, mieux que d'autres ce qu'occupation veut dire, ce que réconciliation veut dire !

Hier soir, dans la nuit, nous étions là pour dire NON ! Une fois encore NON !

Au nom cette fois de notre Foi, de notre amour de l'humanité et de notre foi en Dieu. Nous sommes venus dire que la guerre préventive n'est qu'une invention tordue, contraire au bien de l'Homme.

Rien ne pourra jamais justifier une guerre préventive, elle s'apparente tellement à la guerre, elle est guerre, déclenchée par le pays qui la pratique. Elle n'est rien d'autre, elle est et demeure inexcusable et non fondée. Ce qu'elle produira, les plaques apposées sur les murs de cette église nous le rappellent : la mort, les larmes et la souffrances de milliers de familles. Le bien de l'humanité ça ? NON !

Notre prière d'hier ressemble fort à une goutte d'eau dans l'océan, mais il y a déjà tant de ces gouttelettes qu'un jour cet océan débordera et inondera le monde. Il nous faut peut-être de la patience mais ce jour viendra.

Michel 



Jeudi 13 mars 2003

Il vient de crier !

Il fait presque nuit et il vient de crier... Qu'il faut combattre l'insjustice, que le monde n'est pas juste, que l'hypocrisie domine et que le monde se trompe !

Il a crié ! Ah s'il pouvait le changer ce monde, s'il pouvait rétablir la justice et la justesse. Et cet homme qui passe, sombre, les yeux rivés sur ses pieds sans même lever la tête un instant, sans prêter l'oreille, l'oeil, la main...

Il a crié et tout le monde s'est retourné !

C'était un cri universel et strident ! Alors un instant le monde s'est retourné, sans voix ! Lui, le sans voix, prenait la parole et tous s'arrêtaient pour l'écouter. Il a saisi sa chance, profité de cette tribune improvisée pour lancer son cri, plusieurs fois, bien haut, bien fort, à gorge déployée.

La seconde d'avant il était seul sur son trottoir, les uns, les autres passaient sans le voir (ça fait cliché ! Mais un vrai cliché !) et l'instant d'après, ils s'arrêtaient une minute, tous, figés sur place ! Et il était au coeur de leurs préoccupations.

Lui, ne s'appelle ni Busch, ni Chirac, ni Saddam... Lui s'appelle Jean. Il vit dehors, dans la rue depuis si longtemps ! Lui son problème c'est seulement la faim et le froid !

Et la télé ne s'en soucie pas, ni la télé, ni la presse, ni les conversations des forums du moment, ni les politiques de chez nous ou d'ailleurs...

Lui, son histoire c'est la rue, son combat, sa guerre c'est de trouver à manger chaque jour et un abri chaque soir. Ce n'est pas une guerre qui nous touche (dommage !) Ce n'est pas une guerre qui fait l'audimat, l'audiance, qui rapporte des sous à ceux qui en parlent. Pas de pétrole dans sa guerre, pas d'ONU !!! Personne pour déposer un véto !

Ce serait si beau d'inventer des vétos contre la faim et le froid ! Nous pourrions être nombreux à les déposer ceux-là !

Alors ce soir, je vous invite à penser à eux, à tous ces 'lui' du monde et de nos rues et à faire chacun un petit quelque chose pour lui (ou eux) ! Pour qu'il gagne sa guerre ce soir et tous les autres soirs. Je vous assure vous en serez plus heureux que si vous regardez une heure de journal télévisé soi-disant bien informé sur l'Irak et la guerre de Busch !!

Michel



Samedi 15 février 2003

Tout compte fait !

Tout compte fait c'est un immense merci qu'il me faut dire à M Busch ! Tiens direz-vous il change de chemise, de casquette et d'avis ! Eh bien non !

Mais entre nous, sans lui, nous n'assisterions pas à la plus grande manifestation mondiale en faveur de la paix. Un tel élan mondial n'existerait pas sans lui. C'est une première dans notre histoire humaine. Jamais aucune cause, aucun conflit n'a occasionné une si grande démarche.

Alors oui, disons-le aujourd'hui : Merci Mr Busch d'avoir engendré cette belle solidarité humaine en faveur de la Paix.

Michel


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