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Mardi 10 février 2009
Vieux, ringards, problèmes, fatigués, fatalistes, usés, et ennuyeux… belle image répandue dans l’univers jeune qui leur fait craindre de grandir et de devenir et les enferme dans un long passage, paradoxal passage d’un instant, d’une étape difficile annoncée où tant d’eux se complaisent ou se perdent. Tant de fois enviés des adultes !
Adolescences interminables où l’on se sent si mal, mais si mal heureux d’en sortir, craintif oiseau que le premier envol effraie, qui sait le poids du vent, les désagréments du vol et oublie que sans ce risque il ne vivra pas, tout là haut dans son nid, la nourriture ne viendra pas.
Le jeune homme ou l’homme jeune, traverse les remous de l’envol, enthousiaste et troublé, fol, affolé, ballotté par les vents. Beaucoup reviennent au nid et se blottissent là au chaud d’une vie sans question (Tanguy d'aujourd'hui); d’autres s’élancent en conquérants joyeux d’un monde qu’ils croient neuf et vierge de tout projet, d’idéalisme, épuisé d’être d’un monde d’adultes fait pour les adultes mais auquel ils se préparent inévitablement et bien malgré eux car partir est un premier acte d’adulte… (hihihi !)
Triomphante adolescence qui emporte tous les suffrages commerciaux et électoraux, internettaux et banlieusards…
Mais, voilà, nous sommes adultes ou vus comme tels par les plus jeunes, enfants, adolescents, jeunes simplement qui, voulant se détacher de ce beau modèle que nous sommes, n’en vont pas moins imiter nos pas, pensant inventer leur vie, mais ne faisant que reproduire inlassablement ce que nous, quand nous étions jeunes, avons inventés, car nous, notre génération est bien celle qui a inventé ses propres délires, uniques, originaux… (sourires entendus !)
Où sont nos belles années ?
Ils nous pensent adultes et nous le sommes, un peu, quand même, allons, voyons, oui.
Etre adulte, le plus bel alibi du monde pour oser nos bêtises, aujourd’hui comme hier, un droit très officiel. Personne n’ose s’en rendre compte, chacun dit, pour nous excuser : « ils vieillissent , ils sont fatigués aujourd’hui »…
Etre adulte !
Publié par Tintin
à 2009-02-10 13:38:16
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| Humeurs !, chroniques
Vendredi 16 janvier 2009
La pluie,
les pavés mouillés, brillants,
la nuit,
le soir si vite, qui tombe,
tant de visages derrière la fenêtre,
temps passé à regarder dehors,
sans bruit,
à regarder la pluie,
les feuilles,
lentement se poser,
plumes d'arbres d'automne...
Une année vient de passer qui se dépose là,
sur le sol,
pour l'enrichir,
mort pour la vie,
feuilles-humus à jamais données.
Et la terre, paisible, ne dit mot,
la saison, elle, dit son dernier mot,
les moissons sont finies,
elle consent à l'ultime sacrifice...
la mort approche,
le sommeil l'enveloppe lentement..
Quelques sursauts...
les bourgeons se forment déjà, s'emmitouflent,
tout en germe pour l'hiver, l'hivernage,
en germe,
en devenir,
en avenir,
en vie...
Les oiseaux se rassemblent,
prêts pour le grand départ aviaire,
(hum ! Facile).
Les blés ont déjà commencé de pousser, solides et fermes, parés pour les grands froids.
La terre se tait, lentement...
Seuls parlent encore, et de plus en plus fort, les hommes politiques (et les femmes aussi)
mais qui les écoute ?
Nous écoutons la terre, son silence, ses patiences.
Et nous la regardons se parer de ses plus beaux atours,
pour le dernier spectacle, de saison.
C'est l'automne !
mon automne,
mots d'automne,
offerts...
Publié par Tintin
à 2009-01-16 11:50:13
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| chroniques
Jeudi 1 janvier 2009
Le coeur qui se brise laisse des traces indélébiles, garde ses blessures, se tait silencieux, enfermé devant l'autre, il se terre en lui-même, en noircé, en noirceur, en pénombre, en nuit sombre...
Elle a crié cette semaine, son cri strident, aigu qui crevait les tympans. Un cri de peur, d'angoisse, un cri de haine, de cette haine de soi-même, que personne ne peut comprendre, personne, pas même elle !
Elle a crié si fort !!! Et personne n'a entendu, personne n'a compris, personne n'a pu prévoir, deviner, craindre, devancer... Et quand bien même ils auraient compris, ils n'auraient rien pu y faire, rien empêcher.
Aujourd'hui, elle ne sait plus, elle ne sait pas ... Elle n'a jamais su !
Rien ! Le silence en elle, le silence autour d'elle, depuis si longtemps ! Rien d'autre que ce trou béant, en son âme, aux si lointaines profondeurs de son non-être... Ce trou de rien, de vide, de quête d'absolu !!!
Une montagne d'indifférence, une montagne de haine accumulée, par elle-même, par elle seule... Une montagne de pas, de regards, de larmes retenues, de noirceurs enfouies depuis toujours, si longtemps !
Et pas de réponse ! Un cri et pas de réponse !
Ou plutôt si, trop de réponses !
Celles des autres, de ceux qui savent toujours tout à sa place !
Elle voudrait trouver ses réponses !
Son cri, si douloureux est un appel à la vie, à vivre mieux, intensément plus, à aimer, à trouver le sens de tout et d'elle même.
Laissons-la trouver sa réponse, les nôtres ne servent à rien, seule sa réponse compte... et notre amour, de toujours, aujourd'hui, comme hier, tendresse, si elle veut, pardon, présence, confiance.
Etre là !
Pour elle, qu'elle vide son noir intérieur, une fois, là, simplement, si elle veut !
Et nous, être là !
Publié par Tintin
à 2009-01-01 17:37:36
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| chroniques
Jeudi 1 janvier 2009
Son fauteuil et la fenêtre... son ultime horizon...
Ses jambes le portent si peu maintenant, ses yeux l'emportent au loin, bien plus loin que sa vue, par eux il imagine, il vit, il rêve, à sa vie d'autrefois (cliché) sa vie passée, aimée, regrettée, flétrie comme sa peau vieillie par les ans (re cliché !) pourtant c'est sa vie aujourd'hui,
Ses jambes ne le portent plus ou si peu, du lit à la fenêtre, et du lit au fauteuil, et puis du lit, au lit. (comme chantait Jacques Brel)
Sa vie c'est la fenêtre, rideaux ouverts, dès le matin-matinal-très-très-tôt, quoi ! Tard le soir, vers environ 17h l'hiver, la vie s'arrête quand il fait noir, on ne voit plus, on ne vit plus, monsieur, voyons !
Sa vie c'est la fenêtre, seule compensation au vide absolu qui rythme et empli ses jours depuis de si nombreuses années !
Car le vide, monsieur, le vide seul hélas remplit désormais sa vie, le vide...
et l'infirmière qui passe chaque jour, et le jeune sympa d'une entreprise de réinsertion qui lui apporte quotidiennement son repas.
Sa vie c'est tout le reste là où plus personne ne passe, ne parle... la télé à fond (parce qu'il n'entend plus vraiment bien) et la rue, ses seuls espaces de liberté, Il regarde au dehors et se laisse emporter sur les ailes blanc-cassé-salies-par-la-boue de la camionnette des ouvriers d'en face...
Sa vie maintenant, il la ressasse ou il la rêve... Il est seul.
Elle est partie depuis longtemps déjà, lui était encore jeune, si jeune, se répète-t-il sans cesse... C'est toujours trop tôt quand l'autre part...
Il se souvient... Au commencement tout est sombre mais si confortable.... La vie ça commence toujours seul dans le noir... Sa vie se termine doucement devant la fenêtre, fragile horizon, qu'un camion mal garé peut obstruer pour la journée, boucher, anéantir...
Des solitudes comme la sienne il y en a des milliers, des dizaines, autour de nous, tout près. N'y a-t-il pas un moment, un jour où les mots ne font plus tout, un jour où en parler ne suffit pas, un jour où un geste devient nécessaire, vital, pour rendre vivant, et dés-isoler, dé-solitudiser ?
Et faire que la fenêtre n'ouvre plus sur le passé-ressassé mais sur l'aujourd'hui d'une visite possible...
"S'il te plaît, dit le renard, apprivoise-moi... Je t'attendrai toute la journée et quand je verrais l'heure approcher, je reconnaîtrai ton pas"
... et alors je vivrais, enfin, de nouveau...
Publié par Tintin
à 2009-01-01 17:36:36
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| chroniques
Vendredi 20 juin 2003
Mercredi je revenais de Limoges (pas de Nantes !) et le voyage durait et durait, me semblait interminable. Six heures longues comme jamais de ma vie. La fatigue sans doute de ces trois jours de travail intensif, la fatigue de ces derniers temps qui sera là encore longtemps, les soucis, le climat orageux ... Et la fatigue quoi, sans doute ! Enfin !
Et me voici m'ennuyant dans ce train, coincé contre la fenêtre. Et des gens qui passent et des gens qui se garent et des gens qui s'asseoient dans ce train sans un regard, sans une pensée. Je voyais au dehors les arbres balottés par le vent, silencieux et muets et au dedans les gens silencieux et muets ballotés par le train !
Et j'étais là, tentant vainement de croiser un regard, un de ces regards banalement tournés vers le sol ou l'horizon, drôle d'horizon dans une voiture de la SNCF !!!
Tout à coup l'espoir ! Une personne, un homme, venait s'installer à côté de moi, je pouvais espérer, un instant, une conversation pour l'heure et demie restante ! Eh bien non ! Au bout de quelques instants je le vis sortir de sa poche une petite boite d'où il tira deux boules de pâte jaunâtre qu'il s'enfonçait dans les oreilles ! Et le voici qui s'endormit ! Et ce monsieur s'étallait de tout son long sur son siège et occupait soudain l'accoudoir, même de mon côté, et j'étais là coincé contre la fenêtre dans ce train au trajet interminable, comme jamais dans ma vie !
Alors un espoir, une lueur de vie me traversa l'esprit, et je me mis à penser à tous les visages de ceux que j'aime et je les vis monter avec moi dans ce train et j'imaginais leurs rires en me voyant ainsi et le trajet me sembla soudain bien plus court.
S'il faut une morale à cette histoire c'est que les gens sont bien enfermés sur eux-mêmes, quand même, quoi qu'on dise ! Et c'est aussi que la prochaine fois j'emporte des photos de ceux que j'aime, ils me tiendront compagnie dans le train !!!
Michel
Publié par Tintin
à 2003-06-20 12:52:24
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