Pensées - chroniques




Vendredi 20 juin 2003

J'étais dans le train !

Mercredi je revenais de Limoges (pas de Nantes !) et le voyage durait et durait, me semblait interminable. Six heures longues comme jamais de ma vie. La fatigue sans doute de ces trois jours de travail intensif, la fatigue de ces derniers temps qui sera là encore longtemps, les soucis, le climat orageux ... Et la fatigue quoi, sans doute ! Enfin !

Et me voici m'ennuyant dans ce train, coincé contre la fenêtre. Et des gens qui passent et des gens qui se garent et des gens qui s'asseoient dans ce train sans un regard, sans une pensée. Je voyais au dehors les arbres balottés par le vent, silencieux et muets et au dedans les gens silencieux et muets ballotés par le train !

Et j'étais là, tentant vainement de croiser un regard, un de ces regards banalement tournés vers le sol ou l'horizon, drôle d'horizon dans une voiture de la SNCF !!!

Tout à coup l'espoir ! Une personne, un homme, venait s'installer à côté de moi, je pouvais espérer, un instant, une conversation pour l'heure et demie restante ! Eh bien non ! Au bout de quelques instants je le vis sortir de sa poche une petite boite d'où il tira deux boules de pâte jaunâtre qu'il s'enfonçait dans les oreilles ! Et le voici qui s'endormit ! Et ce monsieur s'étallait de tout son long sur son siège et occupait soudain l'accoudoir, même de mon côté, et j'étais là coincé contre la fenêtre dans ce train au trajet interminable, comme jamais dans ma vie !

Alors un espoir, une lueur de vie me traversa l'esprit, et je me mis à penser à tous les visages de ceux que j'aime et je les vis monter avec moi dans ce train et j'imaginais leurs rires en me voyant ainsi et le trajet me sembla soudain bien plus court.

S'il faut une morale à cette histoire c'est que les gens sont bien enfermés sur eux-mêmes, quand même, quoi qu'on dise ! Et c'est aussi que la prochaine fois j'emporte des photos de ceux que j'aime, ils me tiendront compagnie dans le train !!!

Michel



Vendredi 20 juin 2003

Eh bien oui, je reviens !

Bon, les activités m'ont demandé beaucoup de temps et d'énergie ces dernières semaines mais c'est bientôt fini et je vais pouvoir m'occuper de nouveau de ce blogue jusqu'en août.

Dès ce soir je m'y mets.

Promis

Michel



Dimanche 01 juin 2003

Juste pour dire merci !

Je voudrais juste te dire merci. A toi, à vous, permettez que je vous tutoie !

Te remercier pour tous ces jours passés ensemble, ces mots de toi tant partagés et tant donnés, ces beaux respects, ces beaux regards...

Te dire merci pour ta bonté et ta beauté, celle de ta vie, celle de ton coeur...

Te remercier d'avoir croisé ma route un jour, il y a longtemps, il y a si peu de temps, croisé et marqué une vie ordinaire, la mienne, par ta présence et ton passage, extraordinaire !

Te remercier de m'avoir ouvert tes fenêtres, tes portes, ta vie, de m'avoir partagé tes rêves, tes peurs, tes défauts, tes joies, tes projets, les plus fous, les plus audacieux, les plus tiens !

Te dire merci de m'avoir emmené avec toi visiter ta maison, ton grenier parfois, visiter tout ce que tu es, que tant et tant, si proches parfois, ne connaissent pas, ceux qui se contentent d'effleurer du regard, en passant, mais ne s'arrêtent pas.

Te remercier de m'y avoir emmené, de m'avoir emporté dans tes orages et tes tempêtes, d'avoir traversé avec toi tes cimetières, tes jardins les plus secrets, d'avoir appris de toi, en te regardant, en t'écoutant, simplement... la vie !

Te dire merci, parce qu'au delà de tes mots, de ce que tu me confies, depuis tout ce temps, depuis quelques temps, tu me fais vivant, tu me rends vivre, ivre de la vie et de l'humanité.

Te remercier pour le plus beau de tous tes cadeaux, celui qui me fait adulte aujourd'hui, celui qui me fait être chaque jour de la vie, celui qui me fait croire, celui qui me fait espérer, celui qui me murmure, rencontre après rencontre, lettre après lettre, mail après mail, que la vie a un prix infini, celui qui me rend heureux chaque matin : ta confiance !

Merci

Michel



Samedi 31 mai 2003

Tous ces mercis...

Tous ces mercis que je vous ai promis, viendront bientôt !

Le temps ne m'est pas beaucoup donné ces jours-ci mais vous les recevrez très vite, c'est une promesse.

Sachez en attendant qu'ils m'emplissent le coeur et ne demandent qu'à se dire et à se partager. Il y en aura pour tout le monde.

Oh combien la vie serait plus belle si nous pensions à les dire plus souvent ! Tant nous devons les uns aux autres.

A très vite !

Michel



Jeudi 29 mai 2003

Ceux qui viennent régulièrement...

 ... sur ce blogue ne seront pas étonnés.

Je reviens d'une marche le long du canal. Un soir comme les autres, un peu plus chaud que d'autres, occasion de réouvrir un peu les yeux sur une autre réalité que celle qui fait mes jours, comble mes nuits, depuis des mois maintenant.

Bientôt l'échance ! Bientôt 'le stress de l'année' et bientôt la paix retrouvée. Enfin bientôt, c'est ce que j'espère de tout coeur.

Ce soir en marchant mes yeux se sont ouverts sur autre chose, une petite fille cueillant des fleurs qu'elle court offrir à sa maman, une jeune maman avec son enfant qui vient laver son linge sur le bord du lavoir, un couple d'amoureux frileux, suivi à trois mètres par la maman de la fille, semblant de rien, mine de ne pas être là (ça existe encore ça ?) Une canne qui prend le large à mon arrivée avec ses deux petits, un chien au loin, et un vague bruit de machine au loin loin tain !

Et là sur la route la paix qui vient avec la nuit qui tombe.

C'est là, entre jour et nuit, entre chien et loup, quand la nuit commence d'envelopper la terre, que le jour tente désespérément de conserver un peu d'influence, peine perdue, combat perdu d'avance, s'il en est, que viennent les plus belles pensées, les plus beaux sourires, les plus grands espoirs.

Comme au soir de ma vie, peut-être, je sens monter en moi les grandes questions, les souvenirs, les moments inoubliables, les minutes éternelles, les attentes interminables dans un hall d'hôpital, les regards les plus lumineux, les battements du coeur les plus intenses, les images les plus belles, les carrefours les plus douloureux et les bonheurs sans nom...

Là ce soir les visages dont j'ai déjà tant et tant parlé me reviennent, et certains restent là, vivantes images qui s'animent soudain au moment où j'écris et m'animent à jamais, que je ne peux aujourd'hui, ni ne saurai jamais, oublier ! ;-)

C'est si beau ! Me voici en un instant, impalpable instant, en présence de ceux que j'aime, les voici en moi ce soir, tous et chacun, étrange sentiment de les savoir tous là, de sentir une présence plus forte que les autres et que les autres jours, tous ces jours sans canal, sans marche et sans paix.

Demain je leur dirai merci, demain soir c'est promis ce sera un beau blogue. Réservez-le déjà, dans toutes les librairies, les kiosques, les tabacs...

Michel 



Mercredi 28 mai 2003

Si longtemps !

Plusieurs pourraient se reconnaitre dans le début de ce blogue !

Nos pas se sont croisés un jour, par hasard, à moins que le hasard n'existe pas ! Un jour, des jours, des semaines, des années de rencontres, d'histoire, de confidences, de mots, de paroles confiées... Des années, une amitié, une histoire... la confiance.

Elle disait dans ses lettres que ces temps-là l'aidaient à prendre conscience de sa vie, d'elle même, de ses rêves, de ses projets. J'ai seulement pris le temps d'ouvrir ma porte et d'accueillir cette vie, confiée petit à petit, coeur triste et perdu qui s'ouvrait lentement à la vie, à l'espoir, au regard de l'autre.

Fragile esquif isolé sur l'océan de la vie qui découvrait soudain l'immensité de celui-ci, sa solitude, et ceci que la vie n'est pas tracée d'avance. Et sa vie ballotée au grè des vagues, du temps, de l'orage, des rencontres.

Elle est venue longtemps, souvent, parler, simplement parler. Simplement ! Au début, timide, elle osait quelques mots en passant dans le couloir, puis petit à petit les mots sont venus, un à un, lentement. Il a fallu des années pour que le coeur se livre, la vie et les larmes, les espoirs et les rêves.

J'ai tout reçu, comme ça, aux moments les plus inattendus, le plus beau et le pire. Ses histoires, ses amours, ses brisures, blessures, cassures ! Et ses nouveaux chemins, ses nouveaux choix.

Ce qui suit est son histoire, une histoire, pas l'Histoire, pas une inévitable histoire, un chemin dans lequel ceux qui se reconnaissaient plus haut ne peuvent plus se reconnaître ! A chacun sa propre histoire !

Puis un jour, le silence, la distance, les années, je ne sais pas, je ne savais pas, je ne savais plus rien, le silence... jusqu'à cette semaine !

Elle m'a écris ! Huit ans plus tard, elle m'as écris !

Le besoin de reprendre contact, de retrouver des racines, des racines de parole et d'écoute qu'elle a perdu toutes ces années, pensant pouvoir enfouir en elle ses cris, ses révoltes, ses morts, ses peurs... la fuite !

Aujourd'hui tout revient à la surface de sa vie, de son âme troublée, profondément, tourmentée. Elle regarde ces jours qui lui semblent si lourds.

Elle m'as écris, main tendue, ouverte, cri, attente...

Et tout à l'heure je vais lui répondre. Mais je vous l'avoue, j'ai un peu peur de ce que je vais trouver, de ce que je pourrais dire, ou simplement de ne pas trouver les mots !

Michel



Samedi 03 mai 2003

Et si j'allais un peu plus loin !

Je n'arrive pas à être complètement satisfait de ce blogue d'hier. Il y a du vrai dans ce que j'ai écris... Mais, si vous permettez, je voudrais poursuivre un peu plus loin. Oh rassurez-vous, il sera beaucoup plus court ce soir.

Ma question finalement, c'est celle du dialogue entre groupes, générations, cultures, mondes, univers ... Et tout compte fait, entre personnes.

Et si simplement j'acceptais que chacun ait son propre langage. Cela serait plus simple... Et terriblement plus compliqué ! Donc drôlement intéressant ! Cela voudrait dire qu'il me faut apprendre à penser comme l'autre pour entrer en relation, en dialogue avec lui et pour une vraie compréhension, profonde, invisible, au delà du visible !!! Donc !

Alors ce dialogue deviendrait possible... avec le temps, dans la durée, patiente, pas à pas !!!

Mais il me faudrait accepter une médiocrité ordinaire dans mes échanges habituels, professionnels, impersonnels et passagers... Pour mieux investir les échanges forts et profonds, que je, moi, seul, choisirais comme essentiels...

Ah oui et l'autre aussi... Sans celà je passerais mon temps à dialoguer seul... Hummmm ! Bref ! A monologuer, quoi ! En quelque sorte ! Ou à soliloquer ! (ça jette ça !)

Et si je désire que la plupart de mes rencontres soient de cet ordre... Alors il me faut choisir d'y mettre le temps... d'y mettre le prix (c'était ça hier le 'jamais soldé')

Michel



Vendredi 02 mai 2003

J'apprends à parler !

Je pensais savoir parler, je pensais pouvoir comprendre... Etre humain, capable d'en parler le langage...

Hier je me suis pris à parler Anglais. J'étais ravi, heureux, enfin depuis tant d'années, reparler Anglais ! Je voyais les mots danser en mon esprit, se méler... Les mots français, les mots anglais, avec une grande aisance. Il manquait juste parfois un peu de vocabulaire, usé, oublié, enfoui loin dans un petit espace déconnecté de mon esprit...

Je parlais et l'autre semblait me comprendre. Mais traduire des mots, des phrases, est une chose... Rencontrer l'autre, Anglais, en est une autre. Je me suis vite aperçu que mes traductions ne rendaient pas bien ma pensée... Pour mieux le rencontrer, pour mieux nous comprendre, il eut fallu que je pense en Anglais, pas seulement en langue anglaise, mais que je pense comme un Anglais. Alors et seulement à ce prix notre échange eut été possible, en vérité, en profondeur !!!

Jeunes et adultes ! Ce défi du dialogue est permanent ! La vie quotidienne est faite d'incompréhensions incessantes, parce que simplement, chacun parle son propre langage et n'imagine pas un instant que l'autre parle une autre langue. Pourtant !

Nous comprendre en vérité, en qualité, parler pour l'autre, pour qu'il vive, pour son bonheur, pour construire la relation... Pour y parvenir, n'avons nous pas à prendre d'abord le temps de la connaissance ? Connaitre l'autre, son langage, le sens qu'il donne aux mots, aux gestes, aux regards... Connaitre son univers de vie, de pensées, de détente... (Tenez toutes les questions banales d'une relation qui nait : tu aimes quelles musiques, quels films, quels auteurs, quelles vedettes, quels paysages !!! Tu regardes quelles séries ? Qui est le plus beau garçon du monde ? ...) Autant de questions qui aident à entrer dans la compréhension de l'autre, sa connaissance, son monde, son langage.

Alors seulement, une fois dans cet univers de l'autre, tourné vers lui et ceux qui lui ressemblent, je pourrai le comprendre et lui parler, comprendre le sens des mots qu'il emploie, des silences, des lettres, des questions, des attentes...

Démonstration ! Un jour dans une lettre je trouve un mot bizarre : "lol" ! (ne vous moquez pas s'il vous plaît d'un pauvre adulte qui découvrit un jour le mot lol. Depuis j'ai fais de gros progrès ! Si si !) C'était il y a déjà longtemps ! (Hummm !) Je me dis que sûrement il y a un sens précis à ce mot. Je ne vais pas jusqu'à la recherche éthymologique, je sens qu'il faut chercher ailleurs. Je pense : 'quelque chose du monde de l'adolescence !!!'

C'est un curieux univers savez-vous ? Les mots changent sans cesse, comme s'ils étaient juste faits pour que l'adulte ne perce pas les secrets des mots, à moins que ce ne soit les secrets du coeur en construction, à moins que ce ne soit par besoin d'un langage propre, jeune, réservé, interdit à celui qui ne prend pas patiemment le temps de comprendre, de décrypter, d'aimer, quoi ! Lol !

Et voici que quelques temps plus tard j'installe Messenger chez moi ! Eh oui, (pardon pour les AOL-liens, j'ai aussi installé aim !) Et là je comprends. Depuis je n'ose vous dire les progrès en vocabulaire... A tel point que quelque part en mon esprit j'ai ouvert un dictionnaire spécial jeunes ! Du reste il n'y a pas que des mots... Tant ce langage est imagé, complexe, coloré, riche, varié, innovateur, subtile et surprenant, choquant et provoquant parfois, sensible et beau, fragile, jamais écris complètement, comme en train de s'écrire, comme la vie... comme la réalité de ceux qui l'utilisent, de ceux dont il dit la vie.

Allons pas d'inquiétude, je sais que pour les jeunes, le langage des adultes peut sembler bien hermétique aussi et décevant parfois, pauvre d'images et de vie (oh pardon adultes mes frères et soeurs !), sans goût et sans saveur, gris, soucieux... Mais quand même ! C'est un langage qui nous ressemble, avec ses complexités, ses codes, ses propres couleurs, souvent moins vives et provocantes, souvent de nuances, souvent marqué par les blessures d'une vie plus avancée et les réponses même temporaires apportées à nos questions, un langage qui ne sait pas toujours dire le sens des mots dont il est fait, un langage de gestes et de regards, pas les mêmes, pas avec les mêmes contenus, un langage de vie, de dynamisme, peut-être plus intérieur... Un autre langage !

Et la question est celle de la rencontre. Possible, je le crois ! Je la crois toujours possible, simplement parce que je la vis et l'ai vécue si souvent. Si belle, si grande et si bénéfique pour chacun, possible mais jamais soldée !

Un chemin qui se fait en vérité si jeunes et adultes, hommes et femmes, enfants et parents... Nous prenons le temps, lentement, délicatement, tout tournés les uns vers les autres, de découvrir nos univers mutuels, l'air que l'autre respire, son langage au sens le plus large. Pour en fin de compte, sans cesse partir à sa rencontre, sans cesse entrer en relation, sûrs que dans ce domaine, rien n'est jamais acquis pour toujours, tout est toujours à écrire et à bâtir...

Michel



Mardi 29 avril 2003

Ca vous arrive ?

Dites moi ça vous arrive d'avoir envie de crier, de hurler que ce monde est trop bête, qu'il va droit à sa perte ?

Ca vous arrive d'avoir peur tout à coup devant l'absurdité ?

Ca vous arrive de courrir à perdre haleine devant une ombre qui passe dans la nuit, de peur, d'effroi tandis qu'en fait vous ne fuyez que vos pensées, vos angoisses intérieures ?

Ca vous arrive d'avoir envie de tout casser, de tout briser, un jour comme ça, un jour de folie absurde, d'absurdité folle ?

Ca vous arrive de ne plus rien comprendre aux hommes, aux gens, aux mots que quelqu'un vous écrit, aux pensées surgies d'on ne sait où ?

Ca vous arrive de réagir trop fort, de ne pas contrôler, de ne pas maitriser votre humeur du moment ?

Ca vous arrive de réprondre trop vite et de craindre ensuite le retour, la réponse de celui qui vous a blessé et que vous craignez de blesser à votre tour ?

Moi ça m'arrive !

Mais ça m'arrive aussi d'avoir les larmes aux yeux, d'une parole spontanée, entendue, juste ici, à l'instant...

Ca m'arrive de pleurer de joie, à la vue d'un enfant qui cueille une petite fleur...

Ca m'arrive de me sentir si bien devant un paysage, une campagne au soleil, une chaine de montagne, les vagues d'une crique bretonne...

Ca m'arrive de me trouver si bête, de rire de moi-même, de pleurer de rire, seul, de m'éveiller la nuit, en plein fou rire !

Ca m'arrive de me prendre à aimer, de me sentir fondre, le coeur, tout entier pris, par un si beau regard, un si beau texte, une si belle pensée.

Ca m'arrive de me sentir porté, au delà de moi-même, comme jamais je n'avais osé espérer.

Ca m'arrive de me sentir petit, si petit dans ce monde et si redevable à tous.

Ca m'arrive ! Et vous ça vous arrive ?

Michel



Dimanche 27 avril 2003

Le retour !

Une semaine de non blogue ! Pardon à ceux qui sont passés et repartis déçus ! Une semaine bien remplie dont je voudrais vous parler un peu !

Je viens de vivre une semaine de rencontres, d'échanges fort riches, forts personnels, une semaine de visages ! C'est tout à fait ça : Une semaine de visages.

Visages connus depuis de si longues années, visages jeunes, visages vieillis, visages de souffrance, visages de larmes, visages de joie et d'enthousiasmes fous, visages changeants, visages tendres et délicieux... Une semaine de regards, de regards échangés, troublés, troublants parfois, émus souvent...

Une semaine de confiance, d'une grande confiance, où la vie de l'un, de l'autre est venue se poser délicatement, ou tomber brutalement sur la table de ma cuisine (cf blogue du 19 avril le paragraphe 4)...

Une semaine de confidences, fortes, personnelles, intimes souvent... De l'intimité de l'être, de la profondeur extrème des personnes, là où se joue le choix de la vie, le choix de l'amour, le choix de l'espérance ou du non être, de l'autodestruction. Là où se posent les questions les plus grandes que chacun résoudra peut-être un jour, partiellement, très partiellement, ou peut-être jamais et avec lesquelles il vivra, il choisira de vivre...

Une semaine de regards et de beauté, car il y a de la beauté dans de tels récits, de telles paroles, de si belles larmes, de si beaux yeux pétillants de vie ou se cachant de peur... De la beauté dans ces visages protégés, maquillages futiles, pulls trop larges et manteaux d'hivers en été, carapaces épaisses, pourtant si fragiles, cachant des êtres bien plus fragiles encore...

Une belle, trop belle semaine ! Renvoyé à mes propres questions, voici que je découvre une fois de plus, comme un rappel, pourtant si conscient, que chaque personne est en proie à sa complexité, à ses élans, à son aspiration profonde au Bonheur !

Le Bonheur ! Rien d'autre que lui ! Et voici que je peux, là, sur la route, entendre, accueillir, écouter, ces petits moments de vie... Marcher un peu, côte à côte, pas à pas, respectueux, silencieux parfois, questionnant souvent... Pas à pas, sans jamais me laisser tenter par l'envie de vouloir dire à l'autre ce qu'il doit faire... Respectueux des choix que lui, elle posera demain...

Des visages cette semaine ! Des visages !

Michel



Samedi 19 avril 2003

Choisir la vie…

 

Choisir la vie c’est aimer sans bornes ses enfants et leur pardonner sans cesse, c’est croire en l’autre et le lui faire savoir, c’est espérer contre toute espérance, c’est donner ce qu’on est parce que ce qui n’est pas donné est perdu, c’est écrire contre la torture, c’est chanter pour réunir les hommes, c’est vivre et travailler ensemble, c’est se porter les uns les autres.

 

Choisir la vie c’est rire quand j’ai envie de pleurer parce qu’il y a les autres et que je ne veux pas leur faire porter le poids de mes blessures ; c’est donner quand je manque parce que c’est là que je suis le plus riche et le plus proche des pauvres ; c’est aimer quand je souffre de solitude ; c’est construire sans cesse la paix et la communion autour de moi quand tout le monde tire à hue et à dia ; c’est donner la vie sans cesse, chaque jour à ceux que je rencontre ; c’est rire et sourire, c’est regarder l’autre comme une personne unique…

 

Choisir la vie, c’est ouvrir toute grande sa porte et se laisser déranger par celui qui passe, à l’heure qui ne convient jamais, au moment où mes soucis m’accablent, simplement parce qu’il passe…

 

Choisir la vie c’est prendre le temps d’écouter cet ami qui parle et vide sa tête, son cœur, son sac dans ma cuisine, déposant ses fardeaux, là, parce que je suis un peu disponible aujourd’hui et que je ne jugerai pas, que je ne raconterai pas, que je porterai tout à Dieu et que je serai là demain encore pour l’écouter, faire quelques pas avec lui.

 

Choisir la vie c’est choisir la confiance, la confiance totale et tant pis si je me trompe ou si l’autre me trahit. C’est choisir de croire en l’autre au moment même où il se révèle fragile, c’est accepter de ne pas savoir et de lui laisser les décisions de sa vie, les choix de sa vie. C’est choisir de laisser ce jeune que je connais depuis si longtemps faire un choix qui n’est pas le mien, mais l’aimer toujours et plus encore dans son choix, par amour, prêt pour le jour où peut-être il reviendra heureux ou blessé.

 

Choisir la vie c’est choisir la patience dans mes relations amoureuses, choisir le respect et le temps, choisir de vivre une étape à la fois, sans brusquer, parce que demain sera aussi le temps de se connaître et que ce temps c’est chaque jour et que l’amour est fragile, qu’un rien peut le blesser ou le détruire, qu’un coeur blessé d’amour met du temps à guérir…

 

Choisir la vie c’est croire et espérer, de cette espérance que la mort n'est que passage et que jamais elle n’a le dessus, même si parfois nous pourrions en avoir l’impression. C’est choisir de ne pas, de ne jamais nous arrêter à cette impression-là et aller de l’avant.

 

Michel



Vendredi 18 avril 2003

Trop lourd !

Trop lourds sont les jours ! Certains de nos jours, heureux, peureux, lourdeux ! Jours trop chargés, poids-lourds ! Oh jours heureux où l'oreille et le coeur perçoivent le cri des mal-heureux ! De ceux qui souffrent à nos côtés, de ceux si proches que tout déchire, que tout abime !!!

Trop lourds ces jours où l'autre vient, frappe à la porte et se libère, et se vide des fardeaux du jour, du mois, des années. Trop lourd fardeau qu'il a porté, seul, isolé, inconnu... Absolue nudité de l'âme qui soudain se dévoile et s'allège !

Trop lourd le coeur gros, chargé, de celui qui écoute et accueille, garde en lui, en son être toute la souffrance de l'autre, exprimée, soudaine, inattendue, d'une vie pourtant sans histoire, dit-on facilement ! Sans histoire parce que l'histoire et les histoires sont si absurdes et si pesantes que l'autre s'est inventé une vie sans histoire... Paraître plus simple et plus ordinaire, banal, façade irremplaçable, impensable... si efficace !

Trop lourd le silence qui suit la parole, la déclaration, le déballage. Le silence de celui qui a écouté, accueilli et reste seul avec le poids de l'autre, juste après son départ ! Encore une nuit difficile !

Sauf s'il est possible de déposer le poids, trop lourd de la vie d'un autre, de sa propre vie, de tous ces fardeaux déliés dans la journée, les soucis, les blessures...

Sauf s'il est possible de les offrir, en silence, dans le silence du soir, celui qui précède la nuit, celui qui rappelle à chacun son intime fragilité personnelle. Celui qui nous pré-dispose à déposer nos vies dans les mains d'un autre, plus grand, infiniment plus grand et amoureux ! Un autre capable de tout porter et de tout soulager !

C'est vendredi ce soir !

Michel



Lundi 14 avril 2003

Je suis touché !

Ces commentaires que vous apportez à l'un ou l'autre de mes blogues me touchent. Je suis, comme beaucoup sans doute, débordant de questions, de chemin déjà fait, de découvertes et de vie, d'enthousiasmes et de défauts, de joies qui ne demandent qu'à être partagées... d'etc. que vous imaginez aisément !

C'est juste la seule et l'unique raison de ces blogues. Je ne peux tout garder, je ne crois pas que celà ne soit que pour moi... Et au delà, je me trouve si petit pour garder... peur de laisser se perdre ce qui me traverse l'esprit et la vie.

J'ai lu quelque part que ce qui n'est pas donné est perdu ! C'est une autre logique que celle du monde... Je me sens si bien de ce monde, de ce temps ! Et parfois si lointain !

Ces mots qui me touchent, je vous les offre, je vous les partage, comme dans une tribune libre, comme perché sur ma caisse au coin de Trafalgar square !

Ces questions qui reviennent, passent et repassent sans cesse aux âges de la vie ! Résoluent un temps, ou mises de côté et qui reviennent aux moments forts, aux passages, aux seuils de la vie, aux étapes nouvelles !

Ce blogue n'est rien d'autre que débordements de l'âme et du coeur, d'une vie qui se construit jour après jour, marquée, profondément marquée par de si belles rencontres humaines, presques divines, quotidiennes qui me façonnent et me fascinent !

Nous voici au delà des mots, vous l'avez bien compris ! Quel serait l'intérêt des mots, seuls, si beaux soient-ils ? Les livres en sont pleins !

Michel



Jeudi 03 avril 2003

De la grève à la terre !

Je devais partir pour Paris. Aujourd'hui ! Hasard des calendriers ! Et puis voilà, grève générale ! Remarquez je n'ai rien contre la grève, c'est un droit acquis à la force du poignet en des périodes de grande exploitation du monde ouvrier, ceux qui n'avaient que bien peu de poids dans la société, ceux qui n'avaient aucun droits ou presque, ceux que l'on exploitait sans qu'ils aient aucune sécurité de l'emploi, ni de salaire !!!

Mais j'arrête sur ce sujet je vais me mettre à dos une grande catégorie de la population de ce pays ! Aie ! La super gaffe, je vais perdre des lecteurs ! Ceci dit mon voisin au chômage, lui, il peut pas manifester pour ses avantages acquis et sa retraite !!! (Un peu mordant ! Excusez-moi ! c'est sorti tout seul !)

Je suis resté chez moi ! Merci messieurs et mesdames les fonctionnaires ! Et j'ai profité du jardin ! Ce que je n'avais pas fait depuis ..... et plus encore !

Donc je suis allé retourner un peu de terre, là où le sol était couvert de saletés, vilaines, pas belles herbes envahissantes ! J'ai pris mon courage à deux mains et hop et là... Surprise ! La terre était bien belle, légère, j'ai retourné en profondeur craignant que tout ne soit comme sur le dessus. Eh bien non. La terre était propre déjà !

Voyez-vous le jardin a toujours été pour moi comme une parabole, une image de la vie humaine. Avec ses coins de ronces et d'orties ! Avec ses espaces de fleurs. Dans mon jardin, tout petit jardin, il y a des fleurs toute l'année, pour qui sait regarder, même l'hiver. Pas une journée sans fleur ! C'est comme la vie, pas une journée sans une petite étincelle plus brillante de vie, sans un sourire ou un clin d'oeil !

Et puis ce jardin demande de l'entretien ! Mais c'est différent selon les lieux du jardin... Ici un travail en profondeur, je l'ai laissé trop longtemps sans soins et il faut tout reprendre, tout est mélé, enchevétré, on ne distingue plus ce qui est important. Là c'est la haie à tailler avant qu'elle n'envahisse tout et n'étouffe les fleurs à ses pieds, ou cache la lumière !

Enfin dans ce petit coin où tout pousse, sauvage, mais si harmonieusement, surtout je me garde bien d'intervenir et j'y vais souvent, en silence, respectueux, de ce que la vie peut faire, de la beauté de la nature, de sa sagesse, de cette vie que Dieu place là où ne l'attendons pas.

Michel



Lundi 31 mars 2003

Je viens de parler longuement !

On dit que les filles parlent beaucoup ! C'est vrai ! Il faut le reconnaître ! Mais je connais des hommes qui parlent beaucoup !

Il y a ceux qui parlent sans rien dire ou pour ne rien dire. Il y a ceux qui s'écoutent parler mais que personne n'écoute, ils ont déjà un auditoire fidèle : eux-mêmes !

J'en connais qui ne disent que quelques mots, joie de leur entourage, cadeau plus précieux que l'or. J'en connais d'autres qui évitent soigneusement de parler de ce qui peut facher et qui finissent un jour de leur vie par se taire et ne plus ouvrir la bouche que pour bailler, ronfler et manger !

J'en connais qui parlent de tout à tord ou à travers, de toutes parts, se mélant de toutes les conversations et surtout de celles qui ne les regardent pas ! Des mouches du coche ! Il en est d'autres qui savent tout sur tout et, pire, sur tout le monde !

Je connais des langues bien pendues et des langues bien fourchues, des langues de vipères et des langues de veau aux fines herbes !

Et je connais le prix des mots, source de maux. Les mots dits un jour au carrefour et qui détruisent une vie, une famille, mieux que les bombes... Tous les 'on dit' ! Toutes les rumeurs qui roulent dans la campagne et s'enflent de jours en jour... Et celle-ci, la pire de toutes : "Vous savez il n'y a pas de fumée sans feu !" Pire rumeur qui accrédite tous les mots...

Le prix des mots ! Car ils ont un prix, les mots !

Ce sont eux qui nous permettent de nous comprendre, de nous écouter, de parler ensemble, de nous accorder, de nous harmoniser, de marcher d'un même pas. De débattre plutôt que de combattre... Ce sont eux qui disent l'amour, l'indicible, l'inaccessible, l'inatendu, le mystère. Ce sont les mots du coeur, les mots doux, les mots tendres, les mots d'amour...

Choisissons bien les mots que nous usons car ils disent qui nous sommes et ce que nous croyons !

Michel



Mardi 25 mars 2003

La Vérité !!!

Voilà bien une question d'actualité ! Partout en lisant la presse, en écoutant la radio, la même question se pose ! Qui dit la vérité ? Où est-elle ? Y a-t-il une seule chaîne, un seul journaliste libre dans ce monde qui nous dira la vérité sur ce conflit ?

J'ai le sentiment que personne ne sait, parcellée, explosée, fragmentée ici et là, fausse information, mensonges publics de nos responsables, tels sont les facettes multiples de ces petites vérités qui nous sont présentées, images, pâles reflets des mensonges si souvent diffusés dans l'opinion publique (souvenez vous de ce nuage de Tchernobyl qui prit soin d'éviter la France !) !

Où donc est la Vérité dans ce monde ?

Et l'autre de me répondre : cherche la vérité ! Elle n'est pas loin, elle se cache en toi, elle est toute proche, regarde et cherche ta vérité. La Vérité existe-telle ? Une sorte de vérité pure, claire, limpide, incontestable, unique, universelle !

Ma recherche de la Vérité est sans doute trop grande pour ces jours que nous vivons. Je me condamne à l'insatisfaction permanente, à la fatigue, à la désespérance... A moins que je ne la cherche en moi et en chacun de ceux que je croise, et rencontre, au coeur de nos échanges, au coeur de mes regards et des autres regards. Partout entre les mots, les lignes, les vérités transitoires, passagères, sincérités du moment, de l'instant !

Car une Vérité Unique et grandiose, je sais, je crois qu'il en est une : l'Amour, la Vie, l'Humain...

Michel



Lundi 24 mars 2003

Je rentre juste ...

... de ma petite marche nocture, trop rare hélas, mille fois hélas !

La ville est calme et paisible, elle s'endort doucement ! Il n'est pourtant que 22h 38 ! Seules quelques voitures parcourent les rues... Au loin résonnent les pétarardes d'une mobylette trafiquée, comme pour dire que la paix n'est jamais totale, qu'elle existe et qu'il faut l'entendre, l'écouter ! Pas de risque cette nuit nous ne recevrons pas sur la tête les bombes américaines ! Elles ont une autre destination !

Alors reviennent les questions du jour ! La vie ! Pourquoi est-elle parfois, souvent, si compliquée ?

Est-ce la vie qui est compliquée ou nous-mêmes qui la compliquons ? La vie est compliquée ou bien est-elle la vie ? Tout simplement. Et si nous nous contentions de l'accueillir à chaque instant ?

La vie est compliquée ou sont-ce nos questions qui la compliquent, notre besoin insatiable de savoir ce que l'avenir nous réserve, ce que nous serons demain, ce que nos choix feront de notre vie ?

La vie serait si simple si nous acceptions ceci que le choix est vie, que la vie est choix et que le choix et la vie sont renoncement ! Nous ne serons que nous-mêmes et seulement par nos choix. Peu importe de savoir ce que nous aurions pu être si nous avions choisi autre chose. Ce qui compte ce sont les choix posés qui nous construisent et construisent une vie, la nôtre...

C'est si simple finalement ! Choisir et prendre le risque de vivre !

Tenez ce soir, je choisis d'aller dormir paisiblement, comme la ville que je viens de parcourir !



Vendredi 21 mars 2003

Ca suffit !

Télé, journaux, radio, c'est la guerre, on ne parle plus que de ça ! Alors j'ai décidé de crier "Ca suffit ! Y en a assez !"

Et si nous parlions de tout le reste ! Je ne sais pas moi, des chiens pas écrasés et heureux d'être des chiens... De la lune qui est belle par un soir comme celui-ci bien étoilé... Du couple qui vient de passer, si beau, de ces regards échangés, de leurs yeux tout brillants... Des jonquilles qui fleurissent dans tous nos jardins de printemps ou dans les bois de chez nous ...

Et si nous parlions de la vie qui reprend le dessus en ces jours printaniers, sous ce beau soleil de mars, inhabituel soleil qui apporte une douce chaleur, une belle clarté à nos journées...

Et si nous parlions de l'enfant qui fait ses premiers pas dans la famille ou de mon frère qui va se marier... Des parents qui vont bien... Des projets de l'un ou l'autre, des signes d'affections, des lettres, des mails échangés des longues conversations passionnates parce que teintées de confiance et d'amitié, de vérité...

Et si nous en parlions parce que c'est peut-être là que se trouve la vie et l'essentiel, l'invisible sinon pour le coeur ...

Michel



Dimanche 16 mars 2003

J'y étais !

Plus de mille sur la colline de Lorette ! Nous étions plus de mille, des centaines de jeunes ont fait l'ascension de la colline avant le rassemblement au pied du phare avec les adultes...  Retrouvant d'autres jeunes venus en voiture ! Et peu importe le nombre ! Ce qui importe c'est cet ultime temps concacré à la paix. Cette ultime espérance partagée, cette ultime prière sur un lieu si hautement symbolique.

A deux pas de l'église les tombes de 20 000 soldats alliés de l'époque... A quelques distance de là, 20 000 tombes de soldats allemands ! Témoins infatiguables d'un conflit passé qui nous donne de savoir, mieux que d'autres ce qu'occupation veut dire, ce que réconciliation veut dire !

Hier soir, dans la nuit, nous étions là pour dire NON ! Une fois encore NON !

Au nom cette fois de notre Foi, de notre amour de l'humanité et de notre foi en Dieu. Nous sommes venus dire que la guerre préventive n'est qu'une invention tordue, contraire au bien de l'Homme.

Rien ne pourra jamais justifier une guerre préventive, elle s'apparente tellement à la guerre, elle est guerre, déclenchée par le pays qui la pratique. Elle n'est rien d'autre, elle est et demeure inexcusable et non fondée. Ce qu'elle produira, les plaques apposées sur les murs de cette église nous le rappellent : la mort, les larmes et la souffrances de milliers de familles. Le bien de l'humanité ça ? NON !

Notre prière d'hier ressemble fort à une goutte d'eau dans l'océan, mais il y a déjà tant de ces gouttelettes qu'un jour cet océan débordera et inondera le monde. Il nous faut peut-être de la patience mais ce jour viendra.

Michel 



Jeudi 13 mars 2003

Il vient de crier !

Il fait presque nuit et il vient de crier... Qu'il faut combattre l'insjustice, que le monde n'est pas juste, que l'hypocrisie domine et que le monde se trompe !

Il a crié ! Ah s'il pouvait le changer ce monde, s'il pouvait rétablir la justice et la justesse. Et cet homme qui passe, sombre, les yeux rivés sur ses pieds sans même lever la tête un instant, sans prêter l'oreille, l'oeil, la main...

Il a crié et tout le monde s'est retourné !

C'était un cri universel et strident ! Alors un instant le monde s'est retourné, sans voix ! Lui, le sans voix, prenait la parole et tous s'arrêtaient pour l'écouter. Il a saisi sa chance, profité de cette tribune improvisée pour lancer son cri, plusieurs fois, bien haut, bien fort, à gorge déployée.

La seconde d'avant il était seul sur son trottoir, les uns, les autres passaient sans le voir (ça fait cliché ! Mais un vrai cliché !) et l'instant d'après, ils s'arrêtaient une minute, tous, figés sur place ! Et il était au coeur de leurs préoccupations.

Lui, ne s'appelle ni Busch, ni Chirac, ni Saddam... Lui s'appelle Jean. Il vit dehors, dans la rue depuis si longtemps ! Lui son problème c'est seulement la faim et le froid !

Et la télé ne s'en soucie pas, ni la télé, ni la presse, ni les conversations des forums du moment, ni les politiques de chez nous ou d'ailleurs...

Lui, son histoire c'est la rue, son combat, sa guerre c'est de trouver à manger chaque jour et un abri chaque soir. Ce n'est pas une guerre qui nous touche (dommage !) Ce n'est pas une guerre qui fait l'audimat, l'audiance, qui rapporte des sous à ceux qui en parlent. Pas de pétrole dans sa guerre, pas d'ONU !!! Personne pour déposer un véto !

Ce serait si beau d'inventer des vétos contre la faim et le froid ! Nous pourrions être nombreux à les déposer ceux-là !

Alors ce soir, je vous invite à penser à eux, à tous ces 'lui' du monde et de nos rues et à faire chacun un petit quelque chose pour lui (ou eux) ! Pour qu'il gagne sa guerre ce soir et tous les autres soirs. Je vous assure vous en serez plus heureux que si vous regardez une heure de journal télévisé soi-disant bien informé sur l'Irak et la guerre de Busch !!

Michel


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