Pensées - Humeurs !




Mardi 29 avril 2003

Ca vous arrive ?

Dites moi ça vous arrive d'avoir envie de crier, de hurler que ce monde est trop bête, qu'il va droit à sa perte ?

Ca vous arrive d'avoir peur tout à coup devant l'absurdité ?

Ca vous arrive de courrir à perdre haleine devant une ombre qui passe dans la nuit, de peur, d'effroi tandis qu'en fait vous ne fuyez que vos pensées, vos angoisses intérieures ?

Ca vous arrive d'avoir envie de tout casser, de tout briser, un jour comme ça, un jour de folie absurde, d'absurdité folle ?

Ca vous arrive de ne plus rien comprendre aux hommes, aux gens, aux mots que quelqu'un vous écrit, aux pensées surgies d'on ne sait où ?

Ca vous arrive de réagir trop fort, de ne pas contrôler, de ne pas maitriser votre humeur du moment ?

Ca vous arrive de réprondre trop vite et de craindre ensuite le retour, la réponse de celui qui vous a blessé et que vous craignez de blesser à votre tour ?

Moi ça m'arrive !

Mais ça m'arrive aussi d'avoir les larmes aux yeux, d'une parole spontanée, entendue, juste ici, à l'instant...

Ca m'arrive de pleurer de joie, à la vue d'un enfant qui cueille une petite fleur...

Ca m'arrive de me sentir si bien devant un paysage, une campagne au soleil, une chaine de montagne, les vagues d'une crique bretonne...

Ca m'arrive de me trouver si bête, de rire de moi-même, de pleurer de rire, seul, de m'éveiller la nuit, en plein fou rire !

Ca m'arrive de me prendre à aimer, de me sentir fondre, le coeur, tout entier pris, par un si beau regard, un si beau texte, une si belle pensée.

Ca m'arrive de me sentir porté, au delà de moi-même, comme jamais je n'avais osé espérer.

Ca m'arrive de me sentir petit, si petit dans ce monde et si redevable à tous.

Ca m'arrive ! Et vous ça vous arrive ?

Michel



Dimanche 27 avril 2003

Le retour !

Une semaine de non blogue ! Pardon à ceux qui sont passés et repartis déçus ! Une semaine bien remplie dont je voudrais vous parler un peu !

Je viens de vivre une semaine de rencontres, d'échanges fort riches, forts personnels, une semaine de visages ! C'est tout à fait ça : Une semaine de visages.

Visages connus depuis de si longues années, visages jeunes, visages vieillis, visages de souffrance, visages de larmes, visages de joie et d'enthousiasmes fous, visages changeants, visages tendres et délicieux... Une semaine de regards, de regards échangés, troublés, troublants parfois, émus souvent...

Une semaine de confiance, d'une grande confiance, où la vie de l'un, de l'autre est venue se poser délicatement, ou tomber brutalement sur la table de ma cuisine (cf blogue du 19 avril le paragraphe 4)...

Une semaine de confidences, fortes, personnelles, intimes souvent... De l'intimité de l'être, de la profondeur extrème des personnes, là où se joue le choix de la vie, le choix de l'amour, le choix de l'espérance ou du non être, de l'autodestruction. Là où se posent les questions les plus grandes que chacun résoudra peut-être un jour, partiellement, très partiellement, ou peut-être jamais et avec lesquelles il vivra, il choisira de vivre...

Une semaine de regards et de beauté, car il y a de la beauté dans de tels récits, de telles paroles, de si belles larmes, de si beaux yeux pétillants de vie ou se cachant de peur... De la beauté dans ces visages protégés, maquillages futiles, pulls trop larges et manteaux d'hivers en été, carapaces épaisses, pourtant si fragiles, cachant des êtres bien plus fragiles encore...

Une belle, trop belle semaine ! Renvoyé à mes propres questions, voici que je découvre une fois de plus, comme un rappel, pourtant si conscient, que chaque personne est en proie à sa complexité, à ses élans, à son aspiration profonde au Bonheur !

Le Bonheur ! Rien d'autre que lui ! Et voici que je peux, là, sur la route, entendre, accueillir, écouter, ces petits moments de vie... Marcher un peu, côte à côte, pas à pas, respectueux, silencieux parfois, questionnant souvent... Pas à pas, sans jamais me laisser tenter par l'envie de vouloir dire à l'autre ce qu'il doit faire... Respectueux des choix que lui, elle posera demain...

Des visages cette semaine ! Des visages !

Michel



Jeudi 03 avril 2003

De la grève à la terre !

Je devais partir pour Paris. Aujourd'hui ! Hasard des calendriers ! Et puis voilà, grève générale ! Remarquez je n'ai rien contre la grève, c'est un droit acquis à la force du poignet en des périodes de grande exploitation du monde ouvrier, ceux qui n'avaient que bien peu de poids dans la société, ceux qui n'avaient aucun droits ou presque, ceux que l'on exploitait sans qu'ils aient aucune sécurité de l'emploi, ni de salaire !!!

Mais j'arrête sur ce sujet je vais me mettre à dos une grande catégorie de la population de ce pays ! Aie ! La super gaffe, je vais perdre des lecteurs ! Ceci dit mon voisin au chômage, lui, il peut pas manifester pour ses avantages acquis et sa retraite !!! (Un peu mordant ! Excusez-moi ! c'est sorti tout seul !)

Je suis resté chez moi ! Merci messieurs et mesdames les fonctionnaires ! Et j'ai profité du jardin ! Ce que je n'avais pas fait depuis ..... et plus encore !

Donc je suis allé retourner un peu de terre, là où le sol était couvert de saletés, vilaines, pas belles herbes envahissantes ! J'ai pris mon courage à deux mains et hop et là... Surprise ! La terre était bien belle, légère, j'ai retourné en profondeur craignant que tout ne soit comme sur le dessus. Eh bien non. La terre était propre déjà !

Voyez-vous le jardin a toujours été pour moi comme une parabole, une image de la vie humaine. Avec ses coins de ronces et d'orties ! Avec ses espaces de fleurs. Dans mon jardin, tout petit jardin, il y a des fleurs toute l'année, pour qui sait regarder, même l'hiver. Pas une journée sans fleur ! C'est comme la vie, pas une journée sans une petite étincelle plus brillante de vie, sans un sourire ou un clin d'oeil !

Et puis ce jardin demande de l'entretien ! Mais c'est différent selon les lieux du jardin... Ici un travail en profondeur, je l'ai laissé trop longtemps sans soins et il faut tout reprendre, tout est mélé, enchevétré, on ne distingue plus ce qui est important. Là c'est la haie à tailler avant qu'elle n'envahisse tout et n'étouffe les fleurs à ses pieds, ou cache la lumière !

Enfin dans ce petit coin où tout pousse, sauvage, mais si harmonieusement, surtout je me garde bien d'intervenir et j'y vais souvent, en silence, respectueux, de ce que la vie peut faire, de la beauté de la nature, de sa sagesse, de cette vie que Dieu place là où ne l'attendons pas.

Michel



Vendredi 28 mars 2003

Un beau moment !

Je viens de passer deux heures avec une jeune maman et son bébé, sa fille. C'était un si beau moment ! Les voir là, toutes les deux ... Bébé a quelques mois, à peine... Maman est toute occupée, toute attentive à ses moindres gestes... Un murmure dans son sommeil : 'tiens elle rêve !' dit sa maman !

C'était si beau à voir !

Je me suis dis, tout en les regardant, que je préférais voir ces visages-là, ces images-là ! Le monde nous en montre d'autres, de tellement autres en ce moment !

Je vous assure, vous devriez essayer, ça change tout, ça change votre regard sur l'Humanité... Ca vous en donne une image si-beaucoup-plus-belle que celle, déchirée, désarticulée, destroyée, abîmée... présente dans tous nos médias ces temps-ci !

Alors j'ai pris comme une diapositive de cette scène, comme une diapositive intérieure ! Je l'ai gravée au plus profond de moi-même pour la superposer à toutes les images de ces prochains jours.

Histoire de garder bien vivante une des plus belles images de l'Homme, une image de vie et d'espoir !

Voilà pour ce soir !

Michel



Vendredi 21 mars 2003

Ca suffit !

Télé, journaux, radio, c'est la guerre, on ne parle plus que de ça ! Alors j'ai décidé de crier "Ca suffit ! Y en a assez !"

Et si nous parlions de tout le reste ! Je ne sais pas moi, des chiens pas écrasés et heureux d'être des chiens... De la lune qui est belle par un soir comme celui-ci bien étoilé... Du couple qui vient de passer, si beau, de ces regards échangés, de leurs yeux tout brillants... Des jonquilles qui fleurissent dans tous nos jardins de printemps ou dans les bois de chez nous ...

Et si nous parlions de la vie qui reprend le dessus en ces jours printaniers, sous ce beau soleil de mars, inhabituel soleil qui apporte une douce chaleur, une belle clarté à nos journées...

Et si nous parlions de l'enfant qui fait ses premiers pas dans la famille ou de mon frère qui va se marier... Des parents qui vont bien... Des projets de l'un ou l'autre, des signes d'affections, des lettres, des mails échangés des longues conversations passionnates parce que teintées de confiance et d'amitié, de vérité...

Et si nous en parlions parce que c'est peut-être là que se trouve la vie et l'essentiel, l'invisible sinon pour le coeur ...

Michel



Jeudi 20 mars 2003

New York est morte !

Transformée en camp retranché, soldats en armes, surarmés, plus armés que ceux d'Irak, partis ceux-là, combattre un ennemi affamé, presque mort, sans arme et sans avenir !

New York, la ville qui ne dort pas à cause de ses affaires, de son business, ne dort plus depuis le 11 septembre. Un rien l'effraie, un rien la terre, un rien la mine !

New York est morte ce soir ! Il suffit de voir les images des habitants, les regards des soldats, plus effrayés que ceux d'Irak !!!

Où donc est la vraie guerre ? Qui sont les vraies victimes ? Qui gagne quoi ? On nous avait promis une guerre contre l'intégrisme, le terrorisme... efficace ! Aujourd'hui l'Amérique est un pays en guerre, un pays qui a peur et tremble sans cesse, l'Amérique a oublié son indépendance, son 4 juillet d'antant. La voici dépendante de sa guerre et de ses guerres, de ses ennemis, d'elle même et de ses peurs... D'elle-même surtout ! Le pays de la liberté, du libéralisme...

Et la France se demande si cette guerre du golfe ne pourrait pas venir chez nous. S'inviter alors que nous ne la voulions pas. Ce n'est pas notre guerre ! Eh bien voyez-vous, aujourd'hui dans le monde la guerre des uns est la guerre de tous. Tous sur la même planète si facile à détruire !!! Une si belle planète, une si belle humanité ! En voie de destruction ou de re construction ?

On ne peut jamais gagner une guerre. Les forces s'opposent mais qui gagne sinon la guerre elle-même. Alors elle devient la religion et ceux qui se battaient au nom de Dieu ne le faisaient qu'au nom d'un seul dieu, le dieu Guerre, le dieu de la force, le dieu de la haine.

Mais voilà, un seul à su combattre la haine ! Un seul a su la tuer, la terrasser ! Un seul a su qu'en ne répondant pas il détruirait la haine. Un seul... Car il n'y a qu'un moyen de tuer la haine c'est de ne pas lui accorder d'importance, et lui répondre c'est déjà la faire exister !

Michel



Dimanche 02 mars 2003

Evoluer !

Je pense que ce blogue va évoluer très bientôt...

Devant la somme de questions reçues de toutes parts, je me suis dit (à moi-même devant mon miroir ce matin qui de toute façon ne reflète que mon image parce qu'un miroir n'a aucune autonomie, ni vie réelle... !) Je me suis donc dit que je pourrais répondre directement par blogue à toutes ces questions. Je me propose donc d'écrire pour répondre.

Mais sachez toutefois que je serai d'une absolue discrétion sur les auteurs de ces questions, sur le contexte dans lequel elles se sont posées ainsi que sur la période de ma vie à laquelle ces questions ont pu m'être posées !!!

Allez on commence demain !

Michel



Dimanche 23 février 2003

Un seul homme !

C'est un  peu comme si notre avenir dépendait d'un seul homme ! Non ce n'est pas comme si, c'est un fait ! Mr Busch, eh bien oui, encore lui, Mr Busch a entre ses mains l'avenir de l'humanité mais il ne doit pas bien le savoir ! Quels sont donc ses conseillers ? Cela ne peut que ramener à mon souvenir ces films du temps de la guerre froide mettant en scène des présidents fous ! Souvent même les américains les situaient à l'Est ! Mais aujourd'hui je me demande si Mr Busch n'a pas trop regardé ces films-là !

Il tient en mains l'avenir de l'humanité, des consensus de paix seront balayés, des alliances, la stabilité relative de notre monde ! Sans être alarmiste, il faut bien le reconnaître, tout est si fragile dans notre monde. La mondialisation a rendu tout si fragile ! Le village planétaire !

Nous sommes loin de l'invention de l'imprimerie qui avait tant bouleversé le monde ! Aujourd'hui nous sommes Une Humanité qui risque le déchirement de la faute d'un seul ! (Si je critique ainsi Mr Busch -sans conséquence sur ses agissements, d'ailleurs, je suis du vieux continent- je suis navré pour les américains. Je ne les crois pas responsables des actes de leur président. Il a d'ailleurs été élu avec une telle majorité ! Je crois que dans les années à venir, il ne fera pas bon être américain !)

Je ne peux raisonnablement croire que sa décision , quasi unilatérale, n'est pas commandée par la soif guerrière d'un cow boy dans la pure tradition, en manque d'émotion, et peut être de sens ! Motivée aussi par la soif du pétrole.

Que j'ai aimé le journaliste ce matin à la radio annonçant un évènement dans un tout petit pays et ajoutant comme petit clin d'oeil à l'actualité : "je vous en parle parce que dans ce pays il n'y a pas de pétrole, et ça fait du bien d'annoncer un évènement comme celui-là, auquel personne ne prête attention !"

Merci Mr le journaliste !

Michel



Vendredi 14 février 2003

Oh les vilaines pensées !

Devant les flots de mots et de paroles, de coups médiatiques (et toc !), de vérités successives et superposées, véridiques, authentiques et autres, selon les besoins de légitimation personnelle... je me pose en billettiste ce matin ! (engagé ! sans doute peu objectif, mais en plein désarroi !)

Dans les conflits ce qui m'a beaucoup perturbé, au début, lorsque je faisais mes premières armes d'artisan de cohésion, de gérant (gérateur ou gestionnaire !) de conflits (c'est une autre façon de dire !), ce qui m'a toujours perturbé, c'était, en écoutant les partis opposés, d'entendre les mêmes reproches faits à l'autre parti et sans aucune remise en cause de sa vérité personnelle.

Si les partis s'écoutaient, ils reconnaîtraient que leurs positions sont identiques, qu'ils se reprochent les mêmes choses, oui les mêmes choses et qu'ils agissent dans le conflit pour les mêmes raisons, ou des raisons si proches : la gloire, le pouvoir et l'avoir ! Rien de nouveau sous le soleil !

Illustration !

Ben Laden accuse les américains d'être le grand satan. / Busch veut combattre l'axe du mal !

Ben Laden accuse les américains de tuer des civils au nom de leur Dieu Dollards (déclinable aussi en Dieu pétrole, en Dieu affaires, en Dieu mondialisation...) / Busch trouve condamnable de s'attaquer aveuglément aux civils qui travaillaient dans les tours jumelles, aux pompiers... (etc. Je vous laisse continuer !)

Qui gagne une guerre ? Personne (regardez donc ce film américain : 'War Games') ! Personne, ni l'un, ni l'autre, ni surtout l'Humanité qui ne grandit jamais d'une guerre ! Parce que personne n'a raison, véritablement raison, définitivement raison.

Une autre approche ! Toute aussi pas-polémique-du-tout !

Il y a quelques années les américains, l'Onu, l'Otan etc. sont intervenus pour libérer le Koweit attaqué par son voisin Irakien qui enviait les puits de pétrole ! Légitime défense internationale ! Allons acceptons (sans surtout nous demander pourquoi dans ce conflit-là et pas dans d'autres conflits !) cette intervention (de toute manière avons-nous eu le choix ?).

Aujourd'hui, les américains massent des troupes autour de l'Irak et vont, sans aucun doute possible, avec ou sans accord international, envahir ce pays, enviant les puits de pétrole ! Regardons ce que va faire la communauté internationale, Onu, Otan etc.

Allez ! Tout ceci me fait beaucoup de bien alors je continue ! (Et si ce blogue vous ennuie ou vous gêne, n'hésitez pas à zapper !)

Depuis de nombreuses années je cotoie des enfants et des jeunes et j'aime les regarder jouer, regarder se tisser et se défaire les liens entre eux dans les cours de récré ou dans les camps... "Il a eu un plus gros morceau de gâteau"... "Je vais appeller mes copains et tu vas voir"... "t'as triché"... "Madame il m'a piqué ma trousse !"... Je vous laisse continuer !

Un jour une mère de famille me raconte ce qui se passe à la maison avec son garçon de 16 ans, 'en pleine adolescence', précise-t-elle ! Je résume. Son garçon est en train de grandir, tout ce qui lui semblait intouchable avant, est maintenant à portée de mains, à portée de coeur, à portée de pensée ! Il se braque facilement contre elle et contre son père, contre ce monde d'adultes, les vieux, comme il dit... bouleversant leurs certitudes, leurs convictions, leurs repères, leurs normes anciennes. Lui il sait ce qui est bon; Il est brutal (il ne connaît pas encore bien ses forces, ne les contrôle pas bien !), il cherche un ordre nouveau, croit ses idées meilleures que les autres, les vieilles idées. Il ne tient pas compte de l'expérience des anciens et préfère faire sa propre expérience (cf une chronique d'il y a quelques jours !)... Et la maman conclue : 'Il ne sait pas bien qui il est, il se cherche encore, c'est bon pour lui mais en attendant, nous en prenons plein la tête !'

J'ai entendu ces derniers jours des expressions comme : 'la vieille Europe' ! Alors permettez-moi juste une question : d'où viennent les américains d'aujourd'hui ? D'où sont-ils arrivés ? Et quelle est leur histoire ? C'est vrai qu'hier ils sont venu nous libérer de l'envahisseur, mais n'est-il pas tout aussi vrai qu'ils viennent de chez nous, qu'ils sont des nôtres et qu'une aide de leur part peut être assimilée à l'aide naturelle que des enfants apportent à leurs parents ! Aujourd'hui ils nous le reprochent comme cet adolescent dont je parle un peu plus haut !

Bon voilà, je me sens vraiment mieux maintenant et vous ?

Allons, sourions de tout ceci, l'humour peut sauver le monde en commençant par chacun de nous !

Oh les vilaines pensées !

Michel



Vendredi 14 février 2003

Oh les vilaines pensées !

Devant les flots de mots et de paroles, de coups médiatiques (et toc !), de vérités successives et superposées, véridiques, authentiques et autres, selon les besoins de légitimation personnelle... je me pose en billettiste ce matin ! (engagé ! sans doute peu objectif, mais en plein désarroi !)

Dans les conflits ce qui m'a beaucoup perturbé, au début, lorsque je faisais mes premières armes d'artisan de cohésion, de gérant (gérateur ou gestionnaire !) de conflits (c'est une autre façon de dire !), ce qui m'a toujours perturbé, c'était, en écoutant les partis opposés, d'entendre les mêmes reproches faits à l'autre parti et sans aucune remise en cause de sa vérité personnelle.

Si les partis s'écoutaient, ils reconnaîtraient que leurs positions sont identiques, qu'ils se reprochent les mêmes choses, oui les mêmes choses et qu'ils agissent dans le conflit pour les mêmes raisons, ou des raisons si proches : la gloire, le pouvoir et l'avoir ! Rien de nouveau sous le soleil !

Illustration !

Ben Laden accuse les américains d'être le grand satan. / Busch veut combattre l'axe du mal !

Ben Laden accuse les américains de tuer des civils au nom de leur Dieu Dollards (déclinable aussi en Dieu pétrole, en Dieu affaires, en Dieu mondialisation...) / Busch trouve condamnable de s'attaquer aveuglément aux civils qui travaillaient dans les tours jumelles, aux pompiers... (etc. Je vous laisse continuer !)

Qui gagne une guerre ? Personne (regardez donc ce film américain : 'War Games') ! Personne, ni l'un, ni l'autre, ni surtout l'Humanité qui ne grandit jamais d'une guerre ! Parce que personne n'a raison, véritablement raison, définitivement raison.

Une autre approche ! Toute aussi pas-polémique-du-tout !

Il y a quelques années les américains, l'Onu, l'Otan etc. sont intervenus pour libérer le Koweit attaqué par son voisin Irakien qui enviait les puits de pétrole ! Légitime défense internationale ! Allons acceptons (sans surtout nous demander pourquoi dans ce conflit-là et pas dans d'autres conflits !) cette intervention (de toute manière avons-nous eu le choix ?).

Aujourd'hui, les américains massent des troupes autour de l'Irak et vont, sans aucun doute possible, avec ou sans accord international, envahir ce pays, enviant les puits de pétrole ! Regardons ce que va faire la communauté internationale, Onu, Otan etc.

Allez ! Tout ceci me fait beaucoup de bien alors je continue ! (Et si ce blogue vous ennuie ou vous gêne, n'hésitez pas à zapper !)

Depuis de nombreuses années je cotoie des enfants et des jeunes et j'aime les regarder jouer, regarder se tisser et se défaire les liens entre eux dans les cours de récré ou dans les camps... "Il a eu un plus gros morceau de gâteau"... "Je vais appeller mes copains et tu vas voir"... "t'as triché"... "Madame il m'a piqué ma trousse !"... Je vous laisse continuer !

Un jour une mère de famille me raconte ce qui se passe à la maison avec son garçon de 16 ans, 'en pleine adolescence', précise-t-elle ! Je résume. Son garçon est en train de grandir, tout ce qui lui semblait intouchable avant, est maintenant à portée de mains, à portée de coeur, à portée de pensée ! Il se braque facilement contre elle et contre son père, contre ce monde d'adultes, les vieux, comme il dit... bouleversant leurs certitudes, leurs convictions, leurs repères, leurs normes anciennes. Lui il sait ce qui est bon; Il est brutal (il ne connaît pas encore bien ses forces, ne les contrôle pas bien !), il cherche un ordre nouveau, croit ses idées meilleures que les autres, les vieilles idées. Il ne tient pas compte de l'expérience des anciens et préfère faire sa propre expérience (cf une chronique d'il y a quelques jours !)... Et la maman conclue : 'Il ne sait pas bien qui il est, il se cherche encore, c'est bon pour lui mais en attendant, nous en prenons plein la tête !'

J'ai entendu ces derniers jours des expressions comme : 'la vieille Europe' ! Alors permettez-moi juste une question : d'où viennent les américains d'aujourd'hui ? D'où sont-ils arrivés ? Et quelle est leur histoire ? C'est vrai qu'hier ils sont venu nous libérer de l'envahisseur, mais n'est-il pas tout aussi vrai qu'ils viennent de chez nous, qu'ils sont des nôtres et qu'une aide de leur part peut être assimilée à l'aide naturelle que des enfants apportent à leurs parents ! Aujourd'hui ils nous le reprochent comme cet adolescent dont je parle un peu plus haut !

Bon voilà, je me sens vraiment mieux maintenant et vous ?

Allons, sourions de tout ceci, l'humour peut sauver le monde en commençant par chacun de nous !

Oh les vilaines pensées !

Michel